Session Ougah avec Succès Dernier

Bonjour à tous !

 

Je vous retrouve cette fois-ci avec quelque chose qui me tient à coeur : pouvoir vous montrer mes péripéties en vidéo. Un premier pas a déjà été amorcé avec Dofus et je me suis rendu compte que tout n’était pas toujours facile à comprendre en fait. Donc, je vais tenter d’expliquer ce que font les monstres et/ou les personnages durant le combat, les effets de leurs sorts, etc. Cela permet de faire un petit guide rapide pour ne rien manquer du combat 😉

On va commencer dans l’ordre de la vidéo, avec les succès associés au donjon :

Succès Ougah

Déjà un 1er point : le nom exact du donjon est « Donjon des Fungus » mais on l’appelle généralement entre dofusiens par « Ougah », qui est le nom du boss du donjon, et qu’on retrouve aussi dans les succès associés (excusez pour le curseur d’ailleurs :p).

Ensuite, c’est un donjon prévu pour les niveaux 180 et + au minimum. Il comporte 6 succès qui valide le métasuccès « Fongicide » (qu’on ne voit pas sur le screen, mais grosso modo ça rapporte juste de l’xp et/ou des Kamas – monnaie locale -et quelques points de succès en plus, donc bon…) qui sont les suivants :

  • Donjon Fungus : validé au passage simple du donjon (donc 1ère victoire dessus).
  • Ougah (Collant) : validé si chaque allié finit sur la case d’un autre allié tous les tours.
  • Ougah (Dernier) : validé si on tue l’Ougah en dernier lieu.
  • Ougah (Duo) : validé si deux personnages maximum gagnent le combat.
  • Ougah (Score 210) : validé avec un score d’Idoles (items augmentant artificiellement la difficulté des monstres, et donc des combats) de 210 au minimum.
  • Ougah (Score 300) : validé avec un score d’Idoles de 300 au minimum.

Principe d’un donjon & Composition des salles

Vous l’aurez remarqué, c’est du tour par tour. Mais ce n’est pas le seul détail. Un donjon, en général, se compose de 4 salles + 5ème salle avec le boss. On va en étudier la composition avec un groupe de 5 joueurs. Vous pouvez bien sûr « moduler » les monstres en fonction de votre groupe (de 4 à 8 monstres au minimum/maximum).

Ce donjon possède toutefois une petite particularité : à partir d’une certaine salle, le groupe se divise en deux et se rejoint un peu plus tard dans le jeu (il faut être 2 au minimum de chaque côté pour activer les dalles). Et comporte donc exceptionnellement 8 salles, au lieu des 5 habituelles.

Salle 1


Salle 1 Composition à 5

Un Champodonte, deux Champbis et deux Champs à Gnons pour commencer.

Salle 2

Salle 2 Composition à 5

Un Champaknyde, deux Tromperelles et deux Champmanes.

Salle 3

Salle 3 Division en 2-0

Voilà, donc à partir d’ici, on se sépare en deux groupes (minimum 2 joueurs/groupe). Un en haut et un en bas donc :p

Salle 4

Salle 3 Division en 2-1

On se place chacun sur une dalle et ça ouvre les grilles de droite pour chaque groupe. On file et on arrive à la 5ème salle.

Salle 5

Suite à la division, la salle 5 et la salle 6 sont uniquement réservées à un groupe de 4 joueurs maximum (au lieu des 8 habituelles).

Salle 5 Composition à 2

Un Champbis et un Champaknyde.

Salle 6

Salle 6 Composition à 2

Un Champ à Gnons et un Champmane.

 

Salle 7

On rejoint nos autres compagnons en Salle 7 (un peu à la traîne :p) et on enchaîne les deux dernières salles.

Salle 7 Composition à 5

Un Champaknyde, une Tromperelle, un Champodonte, un Champ à Gnons et un Champmane.

Salle 8

Salle 8 Composition à 5

Un Champ à Gnons, un Champmane, un Champbis, une Tromperelle et notre boss : l’Ougah.

 

Monstres & Effets

Pour ceux qui s’y perdent et ne savent plus quel monstre fait quoi, un petit récapitulatif de chaque monstre avec leur fiche associée, leurs sorts et leurs effets.

Champodonte

  • Mildiou : Inflige des dommages air à la cible à 4 PO maximum.
  • Amanite Roglycérine : Sort d’entrave à retrait PA aléatoire (entre 2 et 7).
  • Cèpe Harti : Applique un bonus de +50 Dommages à l’un de ses alliés.

 

Champbis

  • Spore de Combat : Applique un Poison infligeant 1 à 10 (dégâts Feu) pendant 3 tours et un malus de -25% de résistance pendant 3 tours.
  • Mikota : Inflige des dommages Feu et applique un bonus au lanceur de +50 dommages (cumulable plusieurs fois).
  • Levure : Applique un bonus de +5 PO à un allié pendant 3 tours.

Champ à Gnons

  • Fesse de Loup : Applique un malus de -3 PO à la cible pour 3 tours (cumulable jusqu’à 3x) et inflige un poison de 1 à 10 (dommages Neutre) à la cible sur 3 tours (cumulable jusqu’à 3x).
  • Invasion Fongique : Invoque un Champa Explosif utilisant les sorts Champ Némar (bonus de 200 dommages à ses alliés en zone de 3 PO environ, cumulable plusieurs fois) et Explosion Fongique (inflige des dommages Feu aux ennemis).
  • Accélération Fongique : Applique un bonus de +1 PM à la cible pendant 3 tours.

Champaknyde

  • Graphiose : Applique un Poison infligeant des dégâts à hauteur d’1% des Points de Vie du lanceur à sa cible pendant 4 tours.
  • Fong Ku : Inflige des dommages dans les 4 éléments (Feu, Air, Terre, Eau) et l’inflige 2x en cas de coup critique (+ dégâts Neutre).
  • Mycose toujours : Applique un malus de -1000 Soins aux joueurs pendant 1 tour).

Champmane

  • Sanction Fongique : Inflige des dommages Neutre, applique un poison de 1 à 20 (dommages Neutre) sur 3 tours et un malus de -50 Agilité cumulable 3x.
  • Soin Fongique : Soigne la cible et applique une régénération progressive sur 5 tours (cumulable 4x) de 1 à 20 Points de Vie rendus à la cible.
  • Protection Fongique : Applique un sort de protection à un allié, lui conférant un renvoi de dégâts de 25 sur 3 tours.

Tromperelle

  • Volve Paralysante : Applique un Poison sur la cible dépendant des PA utilisés par cette dernière, à raison d’1 PA utilisé fait perdre 5 Points de Vie (dégâts Air) pendant 2 tours.
  • Soufflette Sporadique : Inflige des dommages Eau à la cible, et applique un renvoi de dommages de 1 à 10 sur le lanceur pendant 4 tours (cumulable).
  • Thalle Neutralisant : Applique un malus de -5 dommages (cumulable) à la cible.

Ougah

  • Bizarrerie : Applique un bonus en zone à ses alliés et à lui-même de +300 (à +600 en coup critique) dommages/puissance.
  • Hallucination : Regénération de la totalité de ses Points de Vie en cas de dégâts subis ou de perte de PA.
  • Acharnement : Inflige des dégâts Feu et Terre en zone, applique un malus de -20% de résistance dans l’élément Air à la cible, appliqua un Poison de 16 à 25 dégâts Air en Vol de Vie pendant 3 tours.
  • Sirop Spore : Inflige des dégâts Neutre au Corps à Corps.
  • Spore Hanchambre : Inflige un bonus aux coups critiques de +50 au lanceur.
  • Les Coprins d’abord : Ressuscite un allié mort au combat, à raison d’1 seul par tour et jusqu’à 6 au maximum sur le combat.

Tactique du Donjon pour réussite assurée

Vu les sorts de l’Ougah, vaut mieux se méfier et à raison. En fonction des classes dont vous disposez, vous avez plusieurs options :

  • L’entraver : Virez-lui sa PO, ses PM, ses PA (si vous pouvez). Bloquez-lui sa ligne de vue.
  • L’éloigner avec des sorts à placement/déplacement : Flèche de Dispersion, Chamrak/Karcham, Peur/Répulsif, etc. Plus il est loin, mieux c’est.
  • Eviter de se grouper pour que tout le monde ne trinque pas avec le sort Acharnement de l’Ougah qui fait très mal.
  • Avoir plusieurs soigneurs dans l’équipe, au choix (Ecaflip, Eniripsa, Osamodas, Steamer, Eliotrope, etc), à défaut du reste. Des soigneurs efficaces de préférence (le bestiau pouvant facilement monter entre -1000 et -2000 avec ses bonus), et de la résistance Feu/Terre/Air.

En espérant que ça vous ait été utile 😉

A vous, les studios !

 

Publicités
Vidéo | Publié le par | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

4/ La Traversée du Mont Selenite

Après un long temps d’absence, j’ai enfin décidé de reprendre ce Nuzlocke en main 😉

Après toutes ces péripéties à l’arène d’Argenta, je me dirigeai vers le mont Selenite afin de me rendre à Azuria, et empruntai donc la route 3, où un assistant du professeur me héla pour m’offrir les chaussures de sport. Je continuai donc ma route et affrontai les divers dresseurs du coin.

Combat contre Fillette Perrine

  • Dorémi vs Roucool

On commence avec une Mimi-queue pour affaiblir sa défense, puis on enchaîne les Vive-attaque (dont la première salve ratera) alors que Roucool ne contre-attaquera qu’avec un Jet de sable, une Tornade et une Charge avant de tomber dans les pommes. Roucool 2HKO.

  • Dorémi vs Roucool

Comme Dorémi frappait assez fort sur la Vive-attaque sur le précédent Roucool (virage des ¾ de la vie avec la Mimi-queue), je décide de me passer du tour d’affaiblissement de défense, et commence directement par 2 Vive-attaque jusqu’au K.O., ne laissant à l’oiseau que le temps de placer une Charge.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Scout Piotr

  • Argus vs Chenipan

J’envoie Argus le Papilusion cette fois-ci pour le faire monter de niveau. Le combat sera plié en 3HKO (2 Choc Mental et une Charge) alors que l’adversaire ne m’aura asséné que 2 Charge avant de s’avouer vaincu.

  • Argus vs Aspicot

Ne sachant plus si Choc Mental lui ferait de l’effet, je démarre avec une Charge tandis qu’il m’assène Dard-Venin, mais cela eut peu d’effet (son attaque comme la mienne). Je décidai donc de tenter Choc Mental, et bien m’en prit : Aspicot tomba K.O.

  • Argus vs Chenipan

On commence gentiment avec une Charge, Chenipan me charge frontalement lui aussi. Un Choc Mental pour le calmer tandis qu’il fait Sécrétion et baissa ma vitesse. Gagnant l’initiative, il a le temps de placer une nouvelle Sécrétion avant de tomber K.O. sous la dernière Charge d’Argus.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Gamin Ben

  • Dorémi vs Rattata

On rappelle Dorémi après un petit coup de soin au centre. On commence prudemment avec une Mimi-queue, mais le Rattata adverse est plus rapide et m’assène une Charge bien sentie. Une Vive-attaque pour prendre l’initiative, seulement l’autre a la même idée que moi visiblement, puisqu’il surpasse ma Vive-attaque de vitesse. Dorémi étant dans le rouge, je préfère user d’une potion, tandis que mon adversaire use de Mimi-queue pour baisser ma défense. Le tour suivant, je priai pour placer ma Vive-attaque, et c’est l’epic win de folie !

  • Irae vs Abo

J’envoie alors Irae s’amuser un peu avec… Abo. Qui profite du tour de switch pour la ligoter. Irae use de Groz’yeux pour l’affaiblir, il effectue Dard-Venin. Coup critique ! Irae est dans le rouge ! Bon… La chance du débutant… Je soigne Irae avec une potion. Nouveau Dard-venin… Irae empoisonnée… J’use un antidote pour ne pas que le poison me joue des blagues. Abo relance Dard-venin. Coup critique ! Irae à nouveau empoisonnée et dans le rouge ! C’est pas vrai !? Oo

Nouvelle potion, Abo me ligote une nouvelle fois. Irae place ENFIN une Griffe, il me refait Dard-venin. Je prie. Pas de coup critique… Pas de poison… Ouf ! Une dernière Griffe renverra le serpent dans ses pénates !

Grosse frayeur tout de même, puisqu’Irae a failli passer l’arme à gauche deux fois dans le même combat. Bilan : c’est une Warrior !

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte (mais grosse frayeur !)

J’utilise vite fait un antidote pour désempoisonner Irae et ramener tout le petit monde au centre Pokémon avant de poursuivre mon chemin sur la route 3.

Combat contre Scout Gregory

  • Irae vs Aspicot

Ma seule crainte était qu’Aspicot parvienne à l’empoisonner car le poison est toujours délicat. Irae baisse sa défense en lui faisant les gros yeux tandis que la chenille m’enferme dans un cocon pour réfréner mes mouvements. Je tente un Balayage pas très efficace alors qu’il commence à m’asperger de ses Dard-Venin. Deux coups de griffes plus tard, il était K.O.

  • Irae vs Coconfort

Un combat trèèèès passionnant dans lequel Coconfort spammera Armure comme un possédé tout le long du combat (5 tours) où la Griffe d’Irae frappera de moins en moins fort, jusqu’à ce qu’un Balayage mette K.O. la bestiole au 6ème tour.

  • Dorémi vs Chenipan

Je switche Irae pour Dorémi afin de lui faire avoir sa part du gâteau. Chenipan l’accueille d’une Sécrétion et continuera à l’emmailloter dans son cocon pendant tout le combat. Dorémi tentera une Vive-Attaque au début, puis baissera sa défense avec Mimi-queue (alors que Chenipan prenait l’avantage de vitesse) et une seconde Vive-attaque mit l’adversaire au tapis.

  • Dorémi vs Chrysacier

Au suivant ! Et c’est un Chrysacier qui déboule. Dorémi commence gaiement par une Vive-attaque coup critique, laquelle est répondue par une Armure de la part de l’adversaire. Deux Vive-attaque plus tard, l’insecte tombait.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Irae monte de niveau et apprend Poing-Karaté.

Combat contre Fillette Sally

  • Dorémi vs Rattata

Combat miroir entre deux Rattata. Le Rattata rival prend l’avantage avec une Vive-attaque, tandis que je préfère jouer la sécurité en baissant sa défense d’une Mimi-queue, avant d’enchaîner sur une Vive-attaque. Ayant compris ma stratégie, le rival s’attache à la copier et envoie une Mimi-queue. Trop tard ! Une dernière Vive-attaque de ma part, et il est mis K.O.

  • Argus vs Nidoran F

Devant la Nidoran qui vient d’arriver, je switche Dorémi pour Argus et son Choc Mental. Nidoran baisse son attaque en rugissant. Un bon Choc Mental lui fait relativiser les choses, la rend confuse et sa confusion la blesse. Un dernier Choc Mental et c’en est fini de la Nidoran.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Dorémi monte de niveau.

Combat contre Scout James

  • Irae vs Chenipan

On commence gentiment avec une petite Griffe, ce à quoi le Chenipan répond par une Charge et coup critique, s’il vous plaît ! Heureusement, ça ne fait pas beaucoup de dégâts. On l’affaiblit avec Groz’yeux, il rate sa Charge, on retente une Griffe qui ne l’achèvera malheureusement pas : Chenipan survit avec un minuscule point de vie ! Survivant ! Il envoie une nouvelle Charge, mais un Poing-Karaté se charge de lui remettre définitivement les idées en place.

  • Irae vs Chrysacier

On continue sur notre lancée avec les Griffe (dont une coup critique qui mettra Chrysacier dans le rouge, malgré deux Armure de sa part !). Deux Griffe plus tard, au revoir Chrysacier.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Fillette Suzette

  • Irae vs Rondoudou

Pas de difficulté sur ce combat, puisqu’un Poing-Karaté (coup critique) terrasse le bestiau qui n’a même pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Irae monte de niveau.

Route 3, 1er Pokémon rencontré : Piafabec niveau 6 [Capturé] de nature Pudique.

Et c’est sur une jolie petite Piafabec que je tombe en 1ère rencontre sur la route 3. Deux Charge d’Argus ont tôt fait de l’affaiblir, et elle rentrera sans problème dans la Pokéball. Je la surnomme du joli nom d’Arlésia, car c’est une fifille qui vient compléter les rangs (hé oui, encore une !). Et ça tombe très bien car je n’avais aucun Pokémon Vol dans mon équipe jusqu’ici, c’est maintenant chose faite.

J’arrivai aux portes du Mont Selenite et m’arrêtai au Centre Pokémon, juste à côté de l’entrée de la grotte, pour y soigner mon équipe. Puis, je passai l’entrée du tunnel le temps d’y capturer mon 1er Pokémon de la zone.

Mont Selenite, 1er Pokémon rencontré : Nosferapti niveau 7 [Capturé] de nature Naïf.

Et c’est une petite femelle Nosferapti qui me tombe dessus. Ça tombe bien, j’ai toujours bien aimé ce Pokémon aussi (j’ai l’art d’aimer les bestioles que les gens détestent, ne trouvez-vous pas ?). Je l’attrape vite fait bien fait à l’aide d’Arlésia, et la surnomme Lysandre, du nom d’un de mes personnages de Rôleplay qui était une vampirette affectueusement nommée Lysandre.

Il ne me restait plus qu’à entraîner tout ce petit monde jusqu’au niveau 16, histoire d’avoir de quoi affronter la grotte sans heurt.

Centre Pokémon de la route 4, Pokémon rencontré (acheté plutôt) : Magicarpe niveau 5 [Acheté] de nature Doux.

Revenu au Centre Pokémon de la route 4, je rencontrai un vendeur de Pokémon peu scrupuleux qui me proposa un Magicarpe contre 500 Pokédollars. J’acceptai son offre et renommai ledit poisson en Albator (c’était un mâle). Il servira probablement de roue de secours après avoir évolué, si j’en éprouve le besoin.

Je finis finalement par craquer durant ma séance de leveling, étant donné la pauvre expérience qu’engrangent mes Pokémon contre les Pokémon sauvages de la route 3 et du Mont Selenite, et décide d’entamer la traversée du Mont Selenite. En espérant que les herbes d’Azuria soient plus généreuses niveau expérience, et désireuse d’obtenir rapidement le béni Cherche VS.

Compte-rendu de l’équipe avant l’entrée au Mont Selenite

  • Bulbon (Bulbizarre mâle) niveau 13. Capacité spéciale : Engrais.

Charge – Rugissement – Vampigraine – Fouet Lianes.

  • Irae (Férosinge femelle) niveau 13. Capacité spéciale : Esprit Vital.

Griffe – Groz’yeux – Balayage – Poing-Karaté.

A appris Poing-Karaté sur les derniers niveaux. Rien d’autre à signaler sinon, à part qu’elle a été avec Dorémi et Argus l’une des coaches des deux nouvelles recrues.

  • Dorémi (Rattata femelle) niveau 12. Capacité spéciale : Fuite.

Charge – Mimi-queue – Vive-attaque.

  • Argus (Papilusion mâle) niveau 12. Capacité spéciale : Œil Composé.

Charge – Sécrétion – Armure – Choc Mental.

  • Arlésia (Piafabec femelle) niveau 10. Capacité spéciale : Regard Vif.

Picpic – Rugissement – Groz’yeux.

Je n’ai pas à me plaindre pour le moment, à part qu’elle n’ait qu’une seule attaque offensive, ce qui limite un peu son potentiel actuellement. Mais c’est mon 1er Pokémon Vol et j’espère qu’elle restera longtemps dans l’équipe.

  • Lysandre (Nosferapti femelle) niveau 10. Capacité spéciale : Attention.

Vampirisme – Etonnement.

Nosferapti a toujours été très chiant à entraîner mais, à l’instar de Magicarpe, l’acharnement paie toujours parce que c’est un Pokémon qui possède un beau potentiel. Je compte l’entraîner jusqu’à une attaque potable, puis elle deviendra remplaçante potentielle d’Arlésia en cas de fail.

Contenu du PC

  • Albator (Magicarpe mâle) niveau 5. Capacité spéciale : Glissade.

Trempette.

Je le garde sous la manche au cas où, mais je ne pense pas le monter, du moins pas pour l’instant. Je me suis suffisamment farci d’entraînement chiantos de Magicarpe pour une vie entière XD

Cimetière

  • Rémina (Rattata femelle) niveau 8. Capacité spéciale : Fuite.

Mont Selenite

Ayant déjà capturé un Pokémon dans cette zone – Mais si ! Lysandre la Nosferapti, rappelez-vous ! –, je ne m’attardai pas sur la capture et poursuivis mon chemin, clopin-clopant. En chemin, je ramassai quelques objets dont :

  • La CT09 (Balle Graine)
  • Un Anti-Para
  • Une Potion
  • Un Super Bonbon
  • Une Corde Sortie
  • Une Pierre Lune
  • Un Morceau d’étoile
  • La CT46 (Larcin)
  • Un Rappel
  • Le Fossile Dôme
  • Un Antidote

Et rencontrai également bon nombre de dresseurs, que j’affrontai les uns après les autres. Parmi eux, des Scouts, des Montagnards, des Fillettes… des membres de la Team Rocket… Attendez, keuwa !?

Combat contre Scout Ken

  • Arlésia vs Aspicot

Décidée à montrer le joli bec d’Arlésia, je l’envoie au combat pour l’entraîner un peu. Bien m’en prit : son premier Picpic tombe presque K.O l’Aspicot adverse dont il ne reste plus qu’un quart de sa vie. Il réplique avec Dard-Venin mais ne parvient pas à empoisonner ma belle oiselle qui le termine d’un ultime Picpic salvateur.

  • Arlésia vs Coconfort

On continue sur notre lancée avec Coconfort qui nous amènera à la frustration lorsqu’il finira avec un seul point de vie, obligeant Arlésia à utiliser une troisième attaque Picpic pour l’achever proprement.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Fillette Iris

  • Irae vs Melofée

Je voulais entraîner Bulbon en prévision de l’arène d’Azuria mais c’est un Mélofée qui arrive face à lui. L’occasion est trop belle à saisir, je change pour Irae. Mélofée tente Encore mais rate son attaque. Irae lance Poing-Karaté qui affaiblit grandement son adversaire (dans le rouge) et qui retente Encore. Un ultime Poing-Karaté et c’est plié.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Intello Rémi

  • Bulbon vs Magneti

Combat de titan ici, puisque la Plante n’est pas efficace contre l’Acier et que l’Electrique n’est pas efficace face à la Plante. On commence par une Vampigraine, histoire de voir venir et Magnéti lance Ultrason qui rend Bulbon confus et qui le fait se blesser par la suite, tandis que l’adversaire en profite et lance une Charge bien placée. Cet acte a le mérite de tirer Bulbon de sa confusion : il lance Fouet Lianes, Magnéti lance Eclair mais les deux attaques n’ont pas beaucoup d’effet.

  • Irae vs Magneti

Comme ça tourne un peu en rond, je remplace Bulbon par Irae pour aller plus vite. Magnéti lance Strido-son, et je réplique par Poing-Karaté qui fait beaucoup d’effet à la bestiole qui s’incline et abandonne le combat.

  • Irae vs Voltorbe

Confiante, je décide de conserver Irae sur le terrain face à Voltorbe. On réutilise les attaques qui marchent, à savoir Poing-Karaté, tandis que Voltorbe a juste le temps de me lancer Grincement avant de tomber raide K.O.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Scout Robin

  • Arlésia vs Chenipan

Voyant déjà venir le scout, j’envoie Arlésia en tête d’équipe. Bien m’en prit car ce sont effectivement des insectes qui débarquent. C’est réglé en deux Picpic, le Chenipan n’ayant même pas eu l’occasion de se défendre (il rate sa Sécrétion).

  • Arlésia vs Chrysacier

On garde Arlésia contre le Chrysacier qui est ensuite envoyé. Une petite frustration lorsque le 2ème Picpic d’Arlésia le descend jusqu’à 1 PV (maudites Armure !), mais il est mis K.O. très rapidement.

  • Arlésia vs Chenipan

Le meilleur pour la fin : un autre Chenipan. Arlésia n’en fait qu’une bouchée avec Picpic malgré le fait que Chenipan la dépasse de vitesse avec ses Sécrétion. Il n’aura cependant pas le temps d’attaquer ma belle oiselle et finit au tapis.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Fillette Miriam

  • Arlésia vs Mystherbe

On change de registre avec des Pokémon Plante. J’avais placé Lysandre pour l’entraîner un peu, mais je switche directement sur Arlésia durant une Vol-Vie du Mystherbe adverse. Deux Picpic et un Doux Parfum plus tard, le Pokémon Plante s’incline.

  • Arlésia vs Chétiflor

On conserve Arlésia pour le suivant qui n’est autre que Chétiflor qui aura eu beau résister avec son Fouet Lianes, ce ne fut pas suffisant et il rejoignit Mystherbe au tapis en deux Picpic.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Lysandre apprend Ultrason.

Combat contre Gamin Johnny

  • Irae vs Rattata

Lysandre toujours en 1ère place, je switche directement sur Irae contre Rattata. Une Mimi-queue du Rattata vient accueillir Irae qui réplique d’un Poing-Karaté qui envoie le Rattata voir les étoiles.

  • Irae vs Rattata

On garde Irae pour le Rattata suivant qui n’aura pas le temps de réagir : un Poing-Karaté aura suffi à le mettre K.O.

  • Argus vs Nosferapti

Contre Nosferapti, on switche Irae pour Argus, cueilli par un Etonnement à l’arrivée. Deux Choc Mental et un autre Etonnement plus tard, le Nosferapti s’incline.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Montagnard Marcos

  • Bulbon vs Racaillou

Je switche Lysandre pour Bulbon face au Racaillou qui fait Lance-boue, ce qui ne sert pas vraiment à grand-chose. J’en profite pour placer une Vampigraine, alors que l’autre renforce sa défense avec Boul’Armure. Un Fouet Lianes le met ensuite K.O.

  • Bulbon vs Racaillou

On conserve Bulbon qui ne laissera pas le temps au Racaillou d’agir puisqu’un Fouet Lianes le oneshot directement.

  • Bulbon vs Onix

Petite surprise en constatant qu’Onix est plus rapide que Bulbon et a le temps de placer une Charge avant de se faire mettre K.O. avec Fouet Lianes.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Bulbon apprend Poudre Toxik & voulait apprendre Poudre Dodo.

Combat contre Sbire Rocket

  • Lysandre >Bulbon vs Sabelette

On éprouve un peu Lysandre en lui demandant de lancer un Ultrason sur l’ennemi. Gagné ! Il se blesse dans sa confusion. On tente Vampirisme qui ne fait pas beaucoup d’effet, surtout que Sabelette utilise Boul’Armure. Je décide de changer pour Bulbon en cours de route, sur une autre Boul’Armure. Un Fouet Lianes et c’est plié.

  • Bulbon >Dorémi vs Rattata

On switche directement sur Dorémi pour l’xper un peu. Contre un autre Rattata, ça ne devrait pas poser de difficulté. Rattata place une Mimi-queue, je lance une Vive-attaque qui lui vire 1/3 de sa vie environ. Il me relance Mimi-queue, ce qui commence à m’effrayer. Une nouvelle Vive-attaque de ma part. Il me lance alors une Charge qui laisse Dorémi à presque la moitié de sa vie, mon cœur commence à battre mais ça va. Une dernière Vive-attaque et la bestiole est K.O.

  • Dorémi >Argus vs Nosferapti

On garde Dorémi contre Nosferapti et on l’éprouve d’une Vive-attaque tandis qu’il rate Ultrason (tant mieux !). A ma grande surprise, il résiste plutôt bien à mon attaque et ne perd qu’un tiers de points de vie. Je tente deux Mimi-queue tandis qu’il me lance Vampirisme, puis Ultrason qui réussit cette fois-ci. Ne désirant pas tenter le diable, je change pour Argus qui terrasse la chauve-souris d’un Choc Mental bien placé.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Bulbon monte au niveau 16 et évolue en Herbizarre, Dorémi monte au niveau 13 et apprend Croc de Mort. Utilisation d’une Potion sur Dorémi.

Combat contre Sbire Rocket

  • Dorémi vs Nosferapti

On affaiblit l’ennemi d’une Mimi-queue en préambule. Il en profite pour rendre Dorémi confuse avec Ultrason, mais ma ratte adorée arrive tout de même à placer son 1er Croc de Mort. Et c’est le K.O !

  • Dorémi vs Abo

Abo est un petit vicieux qui possède Intimidation et baisse donc l’attaque de ma Dorémi d’un cran dès son arrivée sur le terrain. Je tente de placer une Mimi-queue mais, toujours touchée par la confusion, Dorémi se blesse et Abo rate son Ligotage. Il change de tactique pour adopter la mienne à coup de Groz’yeux alors que je tente une nouvelle Mimi-queue qui passe cette fois-ci. Un Croc de Mort en fin de confusion met ainsi le serpent au tapis.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte.

Combat contre Sbire Rocket

  • Dorémi vs Rattata

On ne change pas les mauvaises habitudes, on commence par placer une Mimi-queue mais c’est sans compter la Vive-attaque de l’adversaire qui me fait avoir une frayeur et descend les points de vie de Dorémi un peu en-dessous de la moitié (elle est dans le jaune). Je place tout de même un Croc de Mort sans souci pour clôturer le combat, heureusement.

  • Dorémi > Bulbon vs Sabelette

Face à Sabelette, je ne tente pas le diable et je change pour Bulbon (sur une Boul’Armure adverse) qui règle l’affaire d’un coup de Fouet Lianes.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Dorémi monte au niveau 14.

Combat contre Sbire Rocket

  • Arlésia > Irae vs Rattata

Au tour d’Arlésia d’essayer de briller un peu et d’essayer sa nouvelle attaque Furie qui touche 2x seulement son adversaire qui en profite pour tenter de placer un Croc de Mort… qui rate heureusement (pfiou !). On reprend Furie (qui touche à nouveau 2x, je suis maudite) alors que le Rattata nous sort une Vive-attaque coup critique qui laisse Arlésia à 11 points de vie seulement ! Je change dare-dare pour Irae sur une Charge adverse pour placer un Poing-Karaté et envoyer le raton dans ses pénates. Non mais !

  • Irae vs Nosferapti

Je laisse ma petite ouistiti sur le terrain pour une attaque Griffe. En face, on lui oppose Ultrason qui la rend confuse mais qui ne l’empêche pas d’enchaîner deux autres Griffe bien placées pour achever la chauve-souris qui n’aura eu le temps de placer qu’un petit Vampirisme insignifiant avant de mourir.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte mais grosse frayeur !

Combat contre Intello Michel

  • Arlésia > Argus vs Tadmorv

Combat décisif pour l’obtention du fossile, c’est parti ! Je switche directement Arlésia pour Argus devant le Tadmorv qui fait Armure. Je lance ensuite Choc Mental alors qu’il rate son Entrave, puis Argus sera pris de frénésie et effectuera un coup critique (inutile, vu que l’attaque normale tuait l’adversaire de toute façon) sur son prochain Choc Mental.

  • Argus > Irae vs Voltorbe

Je change pour Irae devant Voltorbe qui rate sa Charge, perturbée par la Ouistiti. La guenon riposte immédiatement d’un Poing-Karaté bien senti qui laisse le Voltorbe à très peu de vie, mais lui permet néanmoins d’utiliser Grincement avant de s’avouer vaincu au bout d’un 2ème Poing-Karaté.

  • Irae > Argus vs Smogo

Et on retourne sur Argus qui se fait empoisonner par Gaz Toxik, à peine revenu sur le terrain. Un bon coup de Choc Mental du Papilusion énervé aura le don de rendre confus le Smogo qui se blesse dans la foulée. Une Charge coup critique (qui ne sert de nouveau à rien) plus tard, plus de Smogo.

Fin du combat. Vainqueur : Vlad. Aucune perte. Arlésia monte au niveau 14 et Irae au niveau 15. Utilisation d’un Antidote sur Argus.

On arrive à l’endroit où l’on obtient notre fossile, que je vais bien entendu tirer au sort. Nous avons initialement le choix entre le Fossile Dôme (Kabuto/Kabutops) ou Nautile (Amonita/Amonistar). Et ce sera… le fossile Dôme !

Quelques pas plus loin, nous sortons enfin de cet enfer que représente le Mont Selenite et nous voici enfin à Azuria. Sur le chemin, deux Karatékas se disputent violemment, incapables de se mettre d’accord. Je préfère les laisser tranquilles et poursuivre ma route jusqu’au centre Pokémon d’Azuria. Cachée dans l’herbe se trouve également la CT05 (Hurlement) que je m’empresse de ramasser au passage.

Tout excitée d’être enfin parvenue à Azuria après tous ces efforts, je m’offre un petit tour de la ville et un petit moment shopping où je revends mon morceau d’étoile et mon rappel au vendeur avant de refaire le plein de potions, d’acheter quelques Poké Balls et autres choses utiles.

Plus qu’à préparer l’équipe pour la championne d’arène !

Compte-rendu de l’équipe à l’entrée d’Azuria

  • Bulbon (Herbizarre mâle) niveau 16. Capacité spéciale : Engrais.

Charge – Poudre Toxik – Vampigraine – Fouet Lianes.

Et que voilà un magnifique Herbizarre tout fraîchement évolué de la grotte ! Il a appris Poudre Toxik qui pourra peut-être me servir à grappiller des points de vie aux adversaires.

  • Irae (Férosinge femelle) niveau 15. Capacité spéciale : Esprit Vital.

Griffe – Groz’yeux – Balayage – Poing-Karaté.

Toujours aussi bourrine et toujours d’un grand secours, particulièrement contre les Pokémon de type Roche et les nombreux Rattata des dresseurs des environs.

  • Dorémi (Rattata femelle) niveau 14. Capacité spéciale : Fuite.

Charge – Mimi-queue – Vive-attaque – Croc de Mort.

Depuis qu’elle a appris Croc de Mort, Dorémi est une tueuse ! Elle fait beaucoup de dégâts ou, à défaut, des gros trous chez les Pokémon adverses. Un régal !

  • Argus (Papilusion mâle) niveau 13. Capacité spéciale : Œil Composé.

Charge – Poudre Toxik – Armure – Choc Mental.

Il vient également d’apprendre Poudre Toxik et me servira d’empoisonneur et de Pokémon Psy avec Choc Mental. Il tient assez bien le coup pour l’instant, je dois dire.

  • Arlésia (Piafabec femelle) niveau 14. Capacité spéciale : Regard Vif.

Picpic – Rugissement – Groz’yeux – Furie.

Elle a enfin appris une seconde attaque qui a la manie de ne toucher que 2x lors des combats importants et 4x contre des Pokémon sauvages… Mais c’est toujours ça de pris ! Elle m’aura causé une petite frayeur, mais elle survit bien.

  • Lysandre (Nosferapti femelle) niveau 13. Capacité spéciale : Attention.

Vampirisme – Etonnement – Ultrason.

Toujours aussi casse-pied à entraîner mais elle arrive à tenir tête aux Pokémon Plante avec Vampirisme et à ses propres confrères à force d’Ultrason/Etonnement, donc c’est en bonne voie, je dirais. Je ne sais pas si je la remise déjà au PC ou si je la garde encore un peu. Si elle devait demeurer dans l’équipe, je lui apprendrais sûrement la CT Larcin que j’ai trouvée à la fin de la grotte.

Contenu du PC

  • Albator (Magicarpe mâle) niveau 5. Capacité spéciale : Glissade.

Trempette.

Cimetière

  • Rémina (Rattata femelle) niveau 8. Capacité spéciale : Fuite.
Publié dans Ma vie de gameuse, Pokémon, Pokémon Vert feuille - Nuzlocke Challenge | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Méthode de combat ~ Kephren

Méthode de combat - Kephren 1 Modifiée

Kephren observa le péquenaud importun qui venait de le déranger avec un profond dédain, hautain, du haut de son mètre ridicule. Une habitude qu’il avait prise par rancœur envers sa petite taille et les moqueries perpétuelles du commun des mortels. Des idiots ! Des Iops qui ne disaient que des ioperies ! Ils étaient tous les mêmes avec leurs petites cervelles primitives, leur grande taille d’asperge et leurs airs de grands manitous qui n’avaient rien à envier à leur nombrilisme.

Les paupières plissées, la bouche tordue et les dents grinçantes de contrariété retenue, il ne fallut qu’une pique supplémentaire pour le faire bondir. Ses ailes de cuir, d’une couleur oscillant entre le violet et le rouge sombre, s’agitèrent, battirent frénétiquement mais l’Eniripsa ne prit pas son envol pour autant. Cependant, elles trahissaient son excitation grandissante.

Le rire de son adversaire fusa ; l’oreille gauche de l’Eniripsa remua fébrilement, puis il bondit en avant en brandissant un pinceau dissimulé jusque-là dans les replis de sa cape de voyage. Avant même que son adversaire n’ait esquissé un mouvement de recul, il se trouvait à sa portée. Les yeux rouges de Kephren étincelèrent, un large sourire mauvais découvrit ses canines proéminentes, mais l’imbécile s’en tira sans une égratignure. L’Eniripsa l’avait à peine effleuré de ses doigts et de la pointe du pinceau, avant de se retirer à sa place initiale d’un bond.

— Alors c’est ça l’Eniripsa le plus dangereux du monde !? Une lopette !? Je vais te démolir et tu feras moins le malin !

Kephren rejeta une mèche de cheveux roux en arrière avec négligence, sans perdre son sourire. Son rival se précipita alors sur lui, en brandissant son épée. L’Eniripsa murmura alors dans un souffle :

— Mot d’Immobilisation.

Quelque chose se mit à briller d’une lueur vive tout à coup chez son adversaire, à mi-chemin entre sa cuisse et sa hanche. Ce dernier, aveuglé par la soudaine lueur, baissa les yeux sur le motif qu’il découvrait être en réalité une inscription écrite à l’encre. Aussitôt, un grand cercle apparut sous les pieds de l’importun et la lueur l’enveloppa tout entier dans un violent flash. Lorsqu’elle disparut, de minuscules filins d’une solidité à toute épreuve enserraient le Douzien des pieds à la tête, l’arrêtant dans sa course et le paralysant sur place.

— Qu’est-ce… !?

Il se débattit violemment mais demeura cloué sur place. Kephren lissa consciencieusement le cuir de ses ailes, et siffla sur une tonalité aigue difficilement supportable. Une myriade d’yeux luminescents apparut alors dans la nuit, à ses côtés, au moment où il soufflait son prochain mot :

— Mot Vampirique.

Les propriétaires de ces yeux démoniaques – plusieurs centaines de chauffe-souris – sortirent des ombres qui les dissimulaient et fondirent sur leur cible, désignée par un deuxième mot luminescent près du cœur. Elles plantèrent leurs crocs dans sa peau, sucèrent quelques gouttes de sang avec avidité et le rouèrent de coups, avant de reprendre leur envol, repues. Fidèles à leur maître, elles lui avaient transféré l’énergie vitale qu’elles avaient pu récupérer sur leur proie, puis disparurent sans demander leur reste.

L’adversaire, méconnaissable, gisait à terre dans le cercle d’immobilisation qui s’estompait déjà, peu à peu. Il s’appuya sur ses coudes pour se relever, geignant et maudissant l’Eniripsa sombre, tout en essayant de se redresser péniblement. Mais il retomba mollement sur la terre dure des Landes de Sidimote. Il jeta un œil au Brâkmarien, qui avait profité de son désarroi pour se rapprocher, guettant le prochain mot qu’il sortirait de sa bouche. Ce dernier ne se fit pas attendre :

— Mot Blessant.

L’homme à terre écarquilla les yeux et hurla alors que plusieurs mots s’illuminaient, se déclenchaient et créaient éraflures et écorchures. Un coup de hache bien placé fit définitivement taire ces cris qui résonnaient trop atrocement pour les oreilles délicates du petit homme ailé. Kephren secoua ensuite un bon coup son arme pour en éparpiller le sang puis, alors qu’il s’en retournait, une bande de malappris vint l’asticoter, pour la deuxième fois de cette journée.

— Hey, c’était notre ami ! Crevure ! Tu vas morfler !

Il badigeonna à la hâte une inscription sur son propre corps, puis orienta son pinceau vers eux, et… s’élevant dans les cieux grâce à son Mot d’Envol, leur projeta une rasade d’encre, concentrant son esprit afin de former les inscriptions sacrées de la déesse qu’il n’avait pas choisie de révérer.

— Mot Stimulant.

Son corps tout entier se mit à briller, à vibrer d’une énergie nouvelle. Ses ailes battirent incessamment, ses cheveux se hérissèrent quelque peu et il se sentit prêt à courir un marathon. Il activa alors son dernier mot : Mot Drainant. Ses ennemis crièrent, surpris, et pestèrent sur cette malédiction qui s’abattait sur eux. Ils sentaient leurs forces s’amenuir, s’épuiser lentement, mais sûrement. Trop tard. L’Eniripsa fonça sur eux en piqué et abattit sa hache, sans plus de cérémonie, ni préparation. Il voulait en terminer le plus rapidement possible.

Quatre corps gisaient à ses pieds, sans qu’il n’y accorde plus d’attention que cela. Ils n’en étaient pas dignes. De vils marauds tentant de s’élever à la même hauteur qu’un dieu en devenir ? Kephren remit de l’ordre dans sa chevelure, lissa ses ailes de chauve-souris, rabattit sur lui les pans de sa cape dans l’air frais du soir, et rangea sa hache dans son fourreau après l’avoir secouée une deuxième fois.

Sa seule consolation fut qu’il avait gagné quelques poignées de Kamas et diverses babioles que les maraudeurs transportaient avec eux.

Mais un Kama restait un Kama.

La journée avait été décidément bonne.

Méthode de combat - Kephren 2 Modifiée

Publié dans Délires et divers, Récits dofusiens | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

La Vouivre

Salvatore regardait avidement autour de lui, dans l’espoir de retrouver un visage connu dans cette poussière et ce silence. L’enfant était seul, perdu au milieu du plateau montagneux, des plaines et des vallées environnantes. Ses frères l’avaient quitté pour d’autres contrées depuis qu’ils étaient partis du palais souterrain de leur maître.

Il faisait chaud en cette fin d’après-midi et le jeune démon effilé agita la langue et fit claquer ses mâchoires plusieurs fois. L’air sec asséchait sa gorge et la soif le tenaillait, de plus en plus pressante. Une main en visière, il essayait vainement de se repérer dans ce lieu inconnu. Le bruit d’un cours d’eau proche le laissa de marbre, du fait de sa première expérience malencontreuse. L’élément aquatique lui avait brûlé les doigts, à peine les avait-il plongés dans la source.

Pour un démon, l’eau était ainsi : une ennemie.

Il poursuivit son chemin et son oreille se tendit dans la direction de petits cris soudains, trop suraigus pour n’être que des pépiements innocents d’oiseau. En s’approchant prudemment, Salvatore rencontra la créature la plus bizarre qu’il eût jamais rencontrée ; en contrebas d’un talus gisait une forme inanimée, reptilienne et minuscule. L’œil mort, elle parut fixer le diablotin. La mâchoire du reptile grésilla, s’immobilisa et le tremblement agita le petit corps mince.

Le démon n’en crut pas ses yeux. C’était une créature inhabituelle, à la fois serpent et… oiseau. C’était en effet un minuscule serpent, pas plus grand qu’un orvet ou que la main de l’enfant, et elle était dotée d’ailes de la même nature que celles du jeune humanoïde : noires, parcheminées et tendues de cuir qui laissait deviner les nerfs, les os et les trois griffes au sommet de l’aile.

Salvatore remarqua alors, pour la première fois, un détail insolite : un énorme trou creusait le front de la bestiole, juste au-dessus de ses petits yeux à pupilles verticales, comme si, à cet endroit précisément, devait se trouver autre chose que le néant absolu. Il tendit timidement une main secourable vers le reptile qui, trop faible sans doute, remua à peine. L’enfant démoniaque enlaça le minuscule animal et le serra tout contre son cœur en murmurant :

— Pauvre petite chose. Qu’est-ce qui t’a mis dans cet état déplorable ?

Il constata également avec effroi qu’il y avait du sang à l’endroit où le serpent ailé se trouvait quelques minutes plus tôt. Il était blessé. L’examinant sous toutes les coutures, le démon remarqua enfin les écailles de travers, la plupart ensanglantées ou manquantes, quelques crocs arrachés, le nez et les ailes écrasées comme si on leur avait marché dessus. Salvatore ne sût jamais exactement pourquoi, mais il se sentait mû par le désir ardent de réconforter cette créature, de lui apporter son soutien. De la protéger peut-être ?

Son chargement dans les bras, il traversa à nouveau la plaine verdoyante, ayant cette fois-ci oublié jusqu’à sa soif. En chemin, il remarqua d’autres petits corps semblables, ceux-ci sans vie et avec le même néant étrange au milieu du front. Le démon s’interrogeait de plus en plus sur ces petits êtres peu orthodoxes dont il ne savait rien et dont le mystère l’attirait de plus en plus comme un aimant.

Il marqua l’arrêt au sommet d’une colline balayée par des vents chauds et agréables, et esquissa un mouvement de recul lorsqu’il remarqua un groupement de singes plus bas. Des singes bipèdes qui ne parurent pas le remarquer. La petite bête ailée tressaillit lorsqu’elle les « aperçut », et Salvatore resserra encore sa prise sur le petit corps tout en se dissimulant sur le flanc de la colline pour les observer. Ces singes marchaient sur leurs deux jambes postérieures, comme lui, et amoncelaient une masse impressionnante de joyaux de toutes les couleurs, à peine plus gros qu’un caillou. Sans doute les trouvaient-ils jolis et désiraient s’en parer ?

Le petit serpent poussa un cri faible, déchirant en remuant une dernière fois sa tête vers l’un des joyaux, une petite émeraude d’un vert de forêt lumineux. Salvatore plissa les yeux, distingua la pierre parmi toutes les autres, et quelque chose le gêna dans cette exclamation. Pourquoi s’exclamer sur une pierre lorsque la vie de ce reptile ne tenait qu’à un fil ? Aimait-il les pierres précieuses, lui aussi ? L’enfant réalisa alors que ce qui le gênait était que les pierres faisaient chacune exactement la même taille que le trou béant sur la tête du reptile !

Se pouvait-il que… ?

— Elles sont à toi ces pierres, petite chose ?

Je vais t’aider à les récupérer alors, songea le diablotin. Mais comment ? Il n’était qu’un enfant et, vu les muscles de ces créatures simiesques, il ne ferait certainement pas le poids. La langue du serpent fourcha et attira son attention. Peut-être que quelque chose de grand et d’impressionnant les effrayerait suffisamment pour les faire fuir ?

Il observa plus particulièrement l’allure de la créature ailée qu’il tenait dans les bras. Et sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, il adopta ses traits écailleux et reptiliens. Son visage se couvrit d’écailles, sa langue fourcha comme celle du serpent et la créature fit une chute au moment où les bras de Salvatore disparaissaient pour ne faire plus qu’un avec son corps, ainsi que ses jambes. Il grandit sa taille, encore, encore un peu.

Sa transformation se modifia, encore imparfaite, et ses quatre pattes réapparurent, non pas droites mais arquées comme les reptiles géants des récits de leur maître. Il avait atteint la taille d’un cerf géant, jeta un coup d’œil ambré à sa muse et s’engagea de l’autre côté du versant en poussant un formidable rugissement. La transformation n’était pas parfaite mais suffirait amplement pour son plan.

Qui fonctionna à merveille.

Dès qu’ils le virent détaler dans leur direction, les Hommes de Neandertal détalèrent comme des lapins en poussant des cris de souris effrayée, certains emportant des sacs de joyaux dans leur fuite. Salvatore fondit sur l’émeraude en particulier et croqua de ses puissantes mâchoires la tête de l’un des singes, sous les hurlements et grognements du groupe affolé. Il se retrouva rapidement seul dans la plaine, maître du tas de joyaux abandonnés.

Il saisit entre ses crocs fourchus la minuscule émeraude avec précaution et escalada le versant en sens inverse pour retrouver la petite créature ailée à qui il présenta docilement le joyau.

Dès qu’elle l’aperçut, le regard de la bête s’anima, se para de mille couleurs, et sa tête oscilla, combattit pour se dresser et plonger ses yeux dans la pierre. Le serpent avança la tête et encastra l’émeraude sur son front, emplacement que la pierre épousa parfaitement. Alors seulement, il y eut un grand éclat de lumière, et la créature ailée se revivifia, retrouva la vie et les sens, prit son envol et parvint à la hauteur de la gueule de son sauveur qu’elle fixa droit dans les yeux.

A toi mon sauveur, je dédie ma vie désormais. Je partagerais mes dons avec toi en reconnaissance de ma dette envers toi.

Elle s’était exprimée dans la tête du dragon d’une voix féminine, traînante dont les « s » sifflaient tout autant que la langue du serpent vibrait et fourchait. Salvatore retrouva son apparence d’enfant, médusé devant ce brusque retour à la vie, et fasciné au point qu’il ne parvenait plus à détourner les yeux de ce reptile minuscule et femelle.

La serpente doubla, puis tripla soudain de volume. Ses ailes se parèrent de milliers de reflets irisés, ses yeux globuleux lancèrent des éclairs orangés alors que sa queue souple s’enroulait autour du poignet du garçon comme d’un maître agrippant la main d’un apprenti indiscipliné. Cette créature irradiait la puissance et la dangerosité, et son aura ne fit qu’accroître la fascination de l’enfant.

— Qu’es-tu, petit serpent ? murmura-t-il.

Je ne suis qu’une vouivre parmi tant d’autres. Et toi, Frère ? Qu’es-tu ? lui répondit aussitôt la voix dans sa tête.

C’est ainsi que la Vouivre et Salvatore lièrent connaissance, puis amitié, voire une sorte d’amour fusionnel comme il en existe de similaires pour deux frères jumeaux. Car la Vouivre se refusât à quitter son protecteur, de même que ce dernier refusât de la laisser partir risquer sa vie fragile.

~

En échange de la protection du démon, la Vouivre le forma, l’entraîna. Elle lui conta sa légende, ses coutumes, ses faiblesses. Serpent d’eau douce, elle courait la campagne et les marécages à la recherche de victimes, qu’il s’agisse des grenouilles, des insectes, des mammifères, des Hommes. Son seul moment de faiblesse constituait l’un des rares moments où elle partait se baigner dans la rivière pour se ressourcer, abandonnant sur la berge son joyau source de convoitises. Tous ses compatriotes étaient morts de la cupidité des Hommes, et elle était la dernière survivante. Elle n’était donc plus une vouivre, mais la Vouivre.

De son côté, Salvatore ne cessait de l’admirer, de lui prêter une oreille attentive, de l’imiter. Il fit de la Vouivre son emblème sacré lorsqu’il se présenta au Diable afin de recevoir ses dons. Il devint ainsi à la fois un serpent, mais aussi un dragon. Et tout comme sa muse reptilienne, son pouvoir comportait une faiblesse : il était dévastateur une fois développé, à l’image du pouvoir saisissant de sa compagne, mais il demeurait vulnérable tout le temps de son développement.

— As-tu un nom, Vouivre ? questionna un jour Salvatore devenu adulte, confortablement assis sur son siège au Sénat, en pleine période antique à Rome.

Comment désires-tu m’appeler ?

— Parmi les dragons et les serpents que je connais, tu es reine. Tu n’as d’autre égal que ton reflet. Regina es.

Il la surnommait donc tout naturellement « Regina », ou plutôt « Draconis Regina », la reine des dragons et des serpents. Flattée, elle n’en laissa cependant rien paraître et mordilla simplement le poignet de son maître autour duquel elle était délicieusement enroulée, bercée par le rythme tranquille du pouls de Salvatore.

~

Erigé au sommet de son château imprenable, le dragon presque formé contempla son entourage avec dédain. En bas, des centaines de chevaliers forçaient la porte à l’aide de troncs d’arbres abattus. Deux cornes supplémentaires apparurent autour de sa collerette et il secoua violemment la tête sous les démangeaisons en étouffant un grognement. Presque. Encore un peu.

Regina, fidèle au poste, s’était enroulée autour de la corne minuscule qui était apparue sur son museau, fourchant la langue avec placidité. La Vouivre était inébranlable, maîtresse des lieux qu’elle savait siens. Ses sujets, membres de la famille de son maître, s’efforçaient de retenir les Hommes en contrebas, en attendant la fin des préparatifs de leur suzerain.

Salvatore ferma paresseusement les yeux, sentit la montée de pouvoir, ouvrit la gueule pour laisser s’échapper un jet de flammes agacées par l’attente. Il ressentit immédiatement le changement, son aura se transformer sous l’égide de Regina, sa puissance grimper en flèche. Il poussa un rugissement formidable, et les siens reculèrent pour se mettre à l’abri. Le dragon écarta ses ailes puissantes, couvrant le ciel d’un cuir noir d’encre inquiétant.

Les Hommes suspendirent leurs actions pour observer ce qui se passait.

Des jets d’éclair crépitaient désormais de la gueule du dragon qui fixa intensément ces êtres inférieurs en contrebas, puis ouvrit grand la gueule et cracha un jet continu d’une lumière aveuglante, foudroyante. De vrais éclairs sortis tout droit de sa gueule crucifièrent les hommes sur place, chevaliers, prêtres, hommes de main. Aucun n’eut le temps de réagir, comme si le temps s’était arrêté, suspendu. Tout ce que cette foudre touchait était réduit en miettes, jeté aux oubliettes dans l’inexistence et du néant absolu. L’entièreté de l’armée humaine et du paysage fut balayé, transformé en tas de cendres fumants et méconnaissables. Il ne resta bientôt plus rien de la bataille qui venait de se dérouler, comme si elle n’avait tout bonnement jamais existé.

— C’est déjà fini, constata le dragon avec une pointe de déception et de lassitude dans la voix.

Sa transformation s’inversa : il perdit ses cornes, sa collerette, ses pattes… Son museau se raccourcit, ses ailes se perdirent dans les méandres de son corps écailleux et il retrouva son corps de serpent, puis de démon. La Vouivre s’était envolée le temps de la transformation inversée et s’enroula à nouveau autour du poignet de son compagnon bien-aimé, les yeux pétillants.

Oui. C’est déjà fini, répondit la voix familière en écho.

Sur ce, elle referma paresseusement les ailes autour de son corps fin et gracile, et poussa un soupir d’aise en se laissant aller au sommeil, les yeux mi-clos.

Publié dans Oneshot | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Le Fantôme du Passé

Au moment où il s’y était le moins attendu, son ennemi avait frappé. Il était sorti de l’ombre, fier quoiqu’en guenilles, dépenaillé, la chevelure défaite et une barbe de plusieurs jours mangeant ses joues abîmées par le frimas. Les premiers flocons étaient tombés sur la forêt, silencieux et délicats, formant un mince tapis blanc sur le sol de la clairière où les deux hommes se trouvaient. Ils étaient là tous deux, immobiles comme des statues, à se fixer d’un air indéfinissable dans le regard inquisiteur, sur le qui-vive, qu’ils se portaient l’un à l’autre.

Ce fut Mânes qui, finalement, ouvrit les hostilités, un fin rictus méprisant se peignant sur ses lèvres :

— Tu as enfin fini par me retrouver après tout ce temps ? Ce n’est pas trop tôt ! Ton flair de chasseur se serait-il amoindri avec le temps qui passe ? (Il marqua une brève pause, juste le temps de gratifier son adversaire d’un regard de serpent. Et son sourire se fit plus grand, plus malsain. Sa voix davantage moqueuse lorsqu’il poursuivit, railleur 🙂 La sénilité te guetterait-elle, vieil homme !?

Le chasseur ne pipait mot, une main cramponnée à la crosse de son fusil de chasse. Un éclair d’animosité transparut dans ses yeux dorés cependant, et une grimace de dégoût ponctua les traits de son visage tandis qu’il braquait soudain son arme sur sa cible, qui ne recula pas le moins du monde comme si le fait de mettre sa vie en jeu lui importait peu. C’était le cas. Pire, cela ne fit qu’accentuer ses provocations tandis qu’une haine coléreuse s’allumait dans les yeux également dorés de l’esbroufeur.

— Voyons, père ! Jouer aux petits soldats de plomb à votre âge est d’un puéril ! Quand grandirez-vous ?

Le doigt du chasseur arma le chien de son fusil et pressa la détente.

— Le jour où je t’aurais creusé une jolie tombe, démon !

Le coup de feu partit, dans un énorme brouhaha. Les oiseaux s’envolèrent en rafales des arbres où ils s’étaient perchés, un troupeau de biches non loin s’enfuit en panique dans la prairie toute proche, et le ciel se couvrit de sang. La balle se logea dans l’épaule du plus jeune, manquant de toucher le cœur à quelques centimètres. Ce dernier recula sous l’impact et la douleur troubla sa vision l’espace d’un battement de cœur. Suffisant pour permettre au chasseur de se précipiter sur lui et de lui asséner son poing en pleine figure.

Le jeune homme s’écroula au sol, attirant son assaillant dans sa chute, et mordit le bras de son agresseur jusqu’au sang. Le vétéran apposa alors le canon de son arme contre la tempe de son fils, les dents serrées, une rage inouïe s’emparant de lui tout à coup.

— Tu n’es qu’un bâtard ! Un MONSTRE ! Une abomination ! scandait-il comme un mantra, augmentant davantage sa hargne et sa rancune.

Le jeune agença ses jambes sous son agresseur, donna un bon coup de rein en détendant les jambes et propulsa le chasseur au loin juste au moment où le deuxième coup partait, frôlant sa tempe et lui évitant une mort certaine. En se relevant, Mânes – le jeune homme – se rendit compte qu’il haletait et était en sueur. Du sang gouttait de sa plaie à la tempe et à l’épaule, et ses deux blessures le brûlaient atrocement, brouillant sa vision.

— Ces balles… (Il avait du mal à reprendre son souffle.) Quelle fantaisie…

Il se recula en retrait et plongea ses doigts dans la plaie pour en extraire la balle. Qui lui brûla également les doigts, laissant échapper une fumée âcre de chair brûlée. Une balle en argent. Bien sûr. Il n’allait pas en mourir – du moins, pas avec une seule balle logée dans le corps – mais en demeurerait profondément affaibli pendant des semaines, voire des mois. Et son géniteur étant plutôt du genre coriace… ce n’était pas garanti qu’il en réchappe. Et ce constat lui fit perdre sa verve pour se concentrer sur le combat qui s’annonçait.

De sang, le ciel changea au noir d’encre par petites touches successives nuancées de bleu, de violet et de rose. Le char doré du soleil disparaissait à l’horizon, peu à peu. Les doigts de Mânes s’étaient allongés et des poils couleur chocolat avaient commencé à apparaître un peu partout sur son corps, par petites touches. C’était encore diffus pour le distinguer clairement.

Le chasseur s’était levé, à demi sonné, et avait dû s’appuyer au tronc d’un arbre pour reprendre contenance. L’atterrissage s’était avéré plus rude que prévu. Mânes ne lui laissa cependant pas le temps de reprendre complètement ses esprits : d’un cri purement bestial, il se jeta sur lui. Le vétéran eut tout juste le temps de lever son fusil pour accueillir le fauve qui lui avait bondi dessus, tendant les bras au maximum pour retenir son agresseur et le rejeter sur le côté. Le jeune homme – mais était-ce réellement un Homme ? – ouvrit une bouche – une gueule pleine de crocs acérés et mordit son adversaire à la cuisse. Ses crocs entaillèrent davantage la chair que ne l’avaient fait ses dents humaines. La mâchoire de Mânes s’était avancée et formait un curieux assemblage non terminé, une sorte de semi-museau de chair en pleine évolution.

Seulement, levant des yeux fauves sur le chasseur, l’homme-bête se rendit compte… qu’il n’était pas le seul à changer de forme. Le chasseur poussa un tel rugissement inhumain que la forêt se tut et que même le crépuscule sembla s’arrêter pour y prêter attention. Un coup de griffes se perdit lorsque le chasseur plaqua le jeunot au sol, enfonçant ses ongles noirs et crochus dans sa chair dans l’intention évidente de déchiqueter sa proie. Un grognement de satisfaction lui échappa.

L’obscurité engloutit enfin les derniers rayons du soleil tardif en ce jour gelé et funeste. Les deux protagonistes révélèrent leur vrai visage au clair de lune furtif qui les éclaira soudain : ni Hommes, ni bêtes, mais quelque part entre les deux. Deux loups-garous déchaînés l’un contre l’autre. La surprise se peignit sur la figure lupine de Mânes, qui se libéra de l’étreinte du vieux loup, prit de la distance et examina son rival d’un œil nouveau, les oreilles dressées et la truffe frémissante.

— Devrais-je sortir le champagne de vous voir ainsi marcher dans mes pas ? Ou bien devrais-je vous plaindre, pauvre enfant perdu au milieu des loups ? (Il éclata d’un rire moqueur qui résonna étrangement, déformée par sa gorge de loup.) Vous êtes pitoyable. (Il pencha la tête, apparemment songeur.) Vous laisser la vie constituerait-elle finalement une perspective plus amusante que de vous l’ôter ?

Le vieux loup retroussa les babines, incapable de parler ou de penser à quoi que ce soit. Un grondement rauque s’échappa de ses lèvres, tandis qu’un filet de bave s’écoulait en direction du sol.

— Et si papa te filait la raclée que tu mérites, sale mioche ? ricana Mânes en dévoilant les crocs, lui aussi.

Ses blessures lui faisaient endurer le martyre tour à tour mais il était hors de question de s’avouer vaincu. Son rival se précipita sur lui avec le pas mal assuré d’un nouveau-né qui apprenait la marche, et Mânes l’accueillit la gueule et les griffes grandes ouvertes. La mêlée qui s’ensuivit fut une suite de coups de griffes, de crocs, de grondements et de sang. Le liquide en baignait littéralement la neige en grosses flaques épaisses. Le chasseur avait instinctivement tiré profit, malgré ses faibles capacités de lycanthrope, des blessures que ses balles avaient infligées au « démon » et s’était acharné à les empirer, jusqu’à coucher le jeune loup impétueux dans la neige, une main plaquée sur le museau pour l’empêcher de mordre.

~

                — Mama’ ! Mama’ !

Le louveteau, juché sur le rebord de la fenêtre, pointait quelque chose au loin du doigt. Absynthe abandonna ses fourneaux pour le rejoindre et apercevoir la nuée d’oiseaux s’enfuir dans le ciel dégagé. Elle sortit en trombe de la maison, juste à temps pour entendre d’une oreille pivotante le deuxième coup de feu. Un chasseur…

— Ne bouge pas d’ici ! hurla-t-elle à son petit avant de s’enfoncer à corps perdu au plus profond de la forêt.

Mon Dieu, faites qu’il ne lui soit rien arrivé ! La louve ne ressentit aucune fatigue, seule la panique lui intimait l’ordre de courir, bien que son esprit et son cœur soient relativement en désaccord quant à la direction à prendre. L’un lui intimait de fuir le danger avec son fils, l’autre… à retrouver son compagnon afin de vérifier qu’il n’avait rien et l’aider à déjouer la battue des chasseurs.

Elle courut. A en perdre haleine. Sans prêter attention au troupeau de biches qui manquèrent de l’écraser sous leurs sabots, tellement paniquées qu’elles ne faisaient attention à rien. Elle resta également indifférente aux cris impatients des corbeaux qui se rassemblaient aux abords de la clairière.

Sa course s’interrompit brusquement lorsqu’elle chuta dans un nid de ronces entrelacées. Absynthe pesta, se redressa, tordit et arracha les mauvaises herbes, la fourrure et la peau égratignées par les plantes, et reprit sa course folle. Pourvu qu’il ne soit pas trop tard. Elle entendit alors les hurlements et accéléra sa course.

~

      L’œil visible de Mânes à travers la patte griffue se vida de toute émotion. Il eut cependant une pensée pour sa pauvre mère, et pour sa compagne à qui il avait bien pourri la vie par pur égoïsme. Ouais. Il s’était conformé à l’image que les gens avaient de lui sans le connaître : un beau salaud, un monstre, une créature sortie tout droit des méandres des enfers ! Parce qu’un peu de compassion pour un être différent d’eux, ça les aurait probablement achevés. Ouais, sûrement. Le sang-mêlé qu’il était n’était qu’une bête sanguinaire, un loup, cet être diabolique !

Ironie du sort, c’était finalement son géniteur qui gagnerait la partie. Pourtant, ne l’avait-il pas tué lorsqu’ils s’étaient pour la première fois retrouvés face à face après une battue particulièrement éprouvante ? Mânes était jeune alors. Un jeune enfant livré à lui-même qui n’était à sa place ni dans le monde des loups – bien que plus bienveillants que les Hommes – ni dans le monde des Hommes aux idées toutes faites. Le loup-garou avait probablement raté son meurtre de peu, à son grand dam. Il s’était enfui avant même de confirmer la mort de son rival. Et maintenant… voilà que ce dernier partageait le même destin que lui, à peu de choses près qu’il rejetait probablement le loup en lui. S’il n’avait été dans piètre situation, il en aurait ri.

— Me tueras-tu comme un Homme ? murmura-t-il néanmoins avant de rajouter, railleur : Ou comme un loup ?

Le chasseur poussa un cri de rage lorsque ses crocs se refermèrent sur la gorge de Mânes, lui coupant toute respiration. Le jeune loup eut un sursaut lorsque ses membres se convulsèrent, à la recherche d’un air qui n’arrivait plus. Son iris doré se voila, et il sombra dans un état brumeux, l’âme – possédait-il une âme ? – tiraillée entre le désir de survivre et celui d’abandonner cette terre hostile pour une contrée meilleure.

Il ressentit alors un choc violent qui permit à ses poumons de se remplir d’air, et il toussa comme un damné, les larmes aux yeux, alors qu’il tentait vainement d’apaiser les battements de son cœur et de ses membres. Il cligna lourdement des yeux et aperçut l’impensable : une louve-garou noire de plus petite taille s’était jetée sur le chasseur et lui avait déchiré l’épaule sur toute la longueur.

~

      Grondante, Absynthe se tenait à quatre pattes près de son compagnon, les poils hérissés. Elle poussa un rugissement de rage et s’abattit à nouveau sur sa victime qui se défendit mollement. Plus expérimentée que lui, la louve le lacéra de ses griffes et de ses crocs, et provoqua la fuite du malheureux vieillard.

La petite femelle guetta attentivement les moindres signes d’un recours fracassant mais ne rencontra que le silence. En même temps, elle haletait, reprenait son souffle peu à peu et pansait ses plaies de sa langue. Rien. Pas un son. Tant mieux. Puis, elle se retourna sur Mânes, une angoisse titanesque dans les pupilles jaunes.

— Quelle grande fille ! Le petit bébé volant au secours de son papa chéri, que c’est mignon et pittoresque, lança railleusement le mâle chocolat dès qu’il eut repris suffisamment de souffle.

L’inquiétude laissa rapidement place à un agacement grandissant en entendant ces paroles. N’arrêterait-il donc jamais avec ses surnoms et ses mises en scène débiles ?

— Je te jure que si tu n’étais pas déjà à l’article de la mort, tu te ramasserais mon poing sur la figure !

Imbécile !

— Je m’en doute.

Un nouveau choc le cloua au sol, secoué de tremblements et de nausées virulentes. Mânes se rejeta violemment vers l’arrière et se cogna la tête contre une pierre couverte de neige, tandis qu’Absynthe se précipitait vers lui avec une angoisse ravivée. Le loup sombra dans l’inconscience, le teint maladif, l’esprit embrumé, les yeux fous.

~

      C’est un rayon de soleil égaré sur son visage qui lui fit reprendre conscience, sous les bons soins d’un tissu mouillé qu’on appliquait sur ses joues et son front. Il ouvrit doucement les paupières à demi car il n’arrivait pas à les ouvrir tout à fait et sourit faiblement. Absynthe lui prit la main la plus proche et lui caressa les doigts avec amour.

Mânes chercha à se redresser sur les coudes pour se lever mais son corps était encore si faiblard qu’il ne pût que retomber dans ses couvertures. Et savourer davantage la chaleur de son lit.

— Tu ferais mieux de te reposer, mon petit, lui susurra sa douce. Tu es encore faible. Laisse maman s’occuper de toi, mon petit garçon.

— Vos désirs sont des ordres, madame, répondit-il sur un ton amusé.

— Pour une fois ! Je ne vais pas me priver !

Elle se mit à rire, et l’expression railleuse de son compagnon se radoucit graduellement. Lorsqu’elle se pencha vers lui, les lèvres frémissantes, il crût que les portes du paradis s’ouvraient devant lui. Elle effleura les lèvres de son compagnon avec hésitation puis, dans un sourire taquin, se retira alors qu’il accueillait ce qu’il voyait comme un dû et râlait, finalement, de ce qui lui était soudain refusé et lui revenait de droit.

— Ah ah ah ! Les récompenses ne sont que pour les enfants sages. Tu me promets d’être sage ?

— Faut voir. (Il sourit de toutes ses dents, comme un idiot.) Est-ce que la récompense est à la hauteur de mes attentes ?
La louve pointa un doigt sur les lèvres de son compagnon, doucement.

— Sois sage et tu sauras, mon amour.

— Vile tentatrice.

Le sourire s’effaça soudain du visage de Mânes, soudain frappé par une douleur à la poitrine. Probablement sa plaie qui continuait à le faire souffrir. L’argent n’était pas spécialement compatible avec le métabolisme lycanthrope, sans qu’on sache réellement pourquoi. N’importe, c’était du même acabit que de plonger un humain dans de l’acide.

— Tes blessures te font encore souffrir ? s’enquit Absynthe en vérifiant ses bandages pour la énième fois afin de vérifier que les plaies ne se rouvraient pas.

— Ce ne sont que des égratignures. (Il lui agrippa le bras, d’un sérieux inquiétant.) Il faut qu’on parte, ma louve.

Maintenant ?

— Maintenant.

Le ton de sa voix était grave, mais la fièvre le reprit, lui donnant le vertige et une perte de conscience momentanée. La louve fronça les sourcils et porta la main de son compagnon à sa joue pour en ressentir sa chaleur.

— Tu es trop faible pour bouger, Mânes. Il te faut du repos. Tes plaies vont se rouvrir et s’aggraver si tu remues le moindre muscle !

— Il va pourtant bien falloir.

— Non ! (Elle l’avait presque hurlé, puis se ressaisit.) Ton corps ne se régénère pas normalement, la maladie te gagne. Tu vas en avoir pour plusieurs semaines.

Il la coupa brusquement :

— Je ne dispose pas de ce temps devant moi.

— Tu dois guérir, Mânes, insista la louve.

— Le chasseur nous trouvera avant ! (Il déglutit difficilement sa salive.) Tu ne comprends pas ? Il nous a trouvés !

Un Mânes angoissé ? C’était une belle première, lui qui montrait tant d’assurance et de suffisance au quotidien. Et pour un simple rival loup-garou qui plus est ?

— Il s’est enfui, amour. (Elle lui caressa les cheveux tendrement, dans une tentative d’apaisement.) Nous sommes en sécurité.

— Non. Tant qu’il sera en vie, il nous traquera. Et ce n’est plus qu’une question d’heures maintenant.

Le loup-garou s’était à nouveau redressé avec force grimaces et précaution. Sa compagne le força à se recoucher d’une pression sur le torse. Leurs regards se croisèrent : les yeux d’Absynthe laissaient entrevoir sa détermination farouche à ce que son compagnon se repose et récupère tandis que ceux de Mânes n’étaient que pure marque de défi.

Un silence pesant s’installa entre eux, capturés et captivés par le regard de l’autre. Silence que la louve fut la première à briser :

— Tu connais ce type ?

— Oui, fut la réponse brève et sèche.

Absynthe inspira à fond. Une bonne fois, avant de poursuivre son interrogatoire :

— D’accord. Qui est-ce ?

— Mon géniteur. Est-ce vraiment important pour toi de le savoir ?

Merci, seigneur, il reprenait du poil de la bête ! C’était une bonne chose. Puis la louve assimila enfin l’information et ouvrit de grands yeux de surprise.

— Ton… géniteur ? Ton père tu veux dire ?

— Il n’a jamais endossé ce rôle. Il ne mérite donc pas ce titre.

— D’accord. (Elle marqua une brève pause, hésitante.) Pourquoi nous chasse-t-il ?

— Parce qu’il déteste les membres de notre espèce ? Sincèrement, entrevois-tu une autre bonne raison ? répliqua-t-il, railleur et amer à la fois.

— Mais pourtant… (Un détail la chiffonnait.) Il en fait partie, non ?

— C’est une histoire compliquée et très longue que je ne suis pas prêt à raconter. Il était humain, c’est tout ce qui importe. Et un chasseur célèbre. Enfin… ça c’était avant, bien sûr.

Il laissa son sourire moqueur divaguer parmi les quelques souvenirs qu’il avait gardés de son enfance tumultueuse. Son père avait été un chasseur célèbre, réputé pour sa ténacité à traquer ses proies jusqu’à leur dernier souffle. Il n’avait raté qu’une seule prise à ce jour : une louve, qui lui avait échappé en sautant par-dessus une fosse à loups avant qu’il ait pu tirer. Et cette louve chanceuse était sa mère.

— Bon, conclut Absynthe en l’arrachant à ses rêveries. Tu me raconteras quand tu te sentiras mieux, d’accord ? En attendant, je veillerais à ce qu’il ne t’arrive rien.

— J’ai de quoi m’inquiéter alors, persifla-t-il de plus belle.

Elle faillit lui envoyer un poing bien senti en direction de son épaule droite et arrêta son geste juste à temps en se rappelant qu’il était sans défense, faible, vulnérable et blessé.

— Tu. Es. Insupportable, grinça-t-elle en détachant chacun de ses mots sous la colère. Est-ce que cela pourrait arriver que tu me fasses confiance pour une fois ?

— Tu es incapable de te protéger toi-même, constata-t-il lentement. Comment pourrais-je te faire confiance ?

Son regard était des plus incisifs et Absynthe en fut blessée après toutes leurs années de vie commune, bien que forcée à leurs débuts.

— Et comment pourrais-tu ne pas me faire confiance ? répliqua-t-elle du tac-au-tac, vexée. Regarde où t’a menée ta méfiance envers moi. Te sens-tu fort, fier et supérieur au commun des mortels, pauvre bête faiblarde qui ne parvient même plus à tenir debout sans trembler de peur ou de douleur ? Tu. Es. Pitoyable. (Elle se leva, outrée, et se dirigea vers la porte d’un pas pesant en emportant le bol d’eau froide qui avait servi à humidifier le chiffon posé sur le front de Mânes.) Appelle-moi quand tu auras ouvert les yeux, peut-être que je déciderais de te garder en vie, mon amour.

Et elle claqua la porte sur ces mots. Mânes fut secoué d’un rire nerveux suite à son départ précipité. Ses manières avaient déteint sur elle. Puis il leva les yeux sur le plafond en bois de la maison qu’il avait bâtie de ses propres mains, et dût se contenir pour ne pas verser de larmes. De joie ? De tristesse ? De désespoir ? D’impuissance ? Personne n’aurait su le dire.

— P’pa ! Réveillé ? fit une petite voix hésitante près de son chevet.

Mânes faillit faire une crise cardiaque et se recroquevilla le plus loin possible de cette voix… qui n’était pourtant qu’une voix d’enfant. Un petit garçonnet qui le scrutait d’un regard curieux. Mânes poussa un soupir soulagé, tout en maugréant qu’il devrait arrêter d’avoir peur de son ombre.

— Papa est réveillé, oui. Tu viens de me faire peur, croque-mitaine !

Le gamin sourit, exhibant toutes ses dents, et grimpa sur le lit sans invitation.

~

      Avec son compagnon cloué au lit, Absynthe était surchargée de travail. Non seulement, elle devait entretenir la maison mais elle devait en plus s’occuper des tâches plus « masculines » comme couper du bois pour le feu ou chasser le dîner dans la forêt à présent hostile. C’est donc avec appréhension qu’elle endossa le carquois de flèches et passa l’arc usé à son épaule, avant de galoper à travers les fourrés.

Elle éprouva une difficulté inouïe, tapie dans les fourrés, à dénicher les traces d’un troupeau de daims, avec tout le vacarme qui s’était produit la veille et qui avait alerté la forêt entière. Lentement, tel un fauve à l’affût, la chasseresse aux cheveux ébène se fraya un chemin entre les branchages jusqu’à la clairière où s’ébattaient ses proies, le long d’un cours d’eau tranquille qui clapotait doucement. Absynthe prépara une flèche et banda son arc. Puis avança le pied pour mieux viser.

Crac !

Le troupeau – qui devait bien compter une dizaine de têtes – tout entier dressa la tête, les narines et les oreilles frémissantes, tournant nerveusement le regard d’un côté et de l’autre de la clairière. Zut ! La louve ajusta néanmoins son tir. Le vent changea alors subitement de direction, et ses proies se tournèrent dans sa direction. Le chef du troupeau donna l’alerte en un puissant bramement, et tous les daims s’enfuirent en panique, soulevant des nuages de poussière dans le sillage de leurs bonds frénétiques et prodigieux. Absynthe tira, dans la panique générale, et manqua très largement sa cible.

Il en fut ainsi pour toutes ses autres cibles en femme si peu initié à la chasse qu’elle était. Tous s’enfuirent parce qu’elle s’était montrée trop bruyante ou qu’elle avait joui d’une malchance incroyable. Elle manqua ainsi faisans, perdrix, lapins, daims, biches, cerfs et sangliers. Ces derniers manquèrent d’ailleurs de peu de l’embrocher dans un accès de colère soudain ; Absynthe avait alors dû battre en retraite précipitamment, ne se sentant pas de taille à lutter avec un troupeau entier de cochons sauvages.

Pestant comme un putois sur son incapacité chronique qui lui vaudrait d’abondantes moqueries de la part de sa « douce et délicate » moitié, la demoiselle s’apprêta rentrer bredouille à la maison, la tête basse et l’humiliation embrasant ses joues. Elle se rappela ensuite que son homme, non content d’être fin archer, avait également posé des pièges un peu partout dans leur domaine boisé. Plus qu’à dénicher les endroits où les relever…

C’est une Absynthe éreintée qui passa la porte de la maison, transportant à bout de bras par les pattes cinq lapins, deux faisans et une perdrix qu’elle avait achevés en leur brisant la nuque. Ni une, ni deux, elle stocka le surplus de viande dans le garde-manger et s’affaira à dépecer le premier lapin pour le servir au repas de ce soir.

— Thor ? Tu peux venir m’aider une minute, mon chéri ? appela-t-elle une fois qu’elle eut terminé de dépecer la bête.

Pas de réponse. Absynthe passa la tête dans l’embrasure de la porte qui conduisait à la salle de séjour et à l’étage, et renouvela son appel, plutôt surprise de ne pas encore avoir été rejointe par son louveteau. Toujours pas de réponse. Elle s’essuya rapidement les mains au premier torchon venu, inspecta toutes les pièces du rez-de-chaussée – ce fut vite fait, la maison n’étant pas grande – avant de grimper à l’étage, et de déboucher dans leur unique chambre. Personne si ce n’est un Mânes somnolent et la couche du petit vide.

Un pli soucieux barra le front de la louve lorsqu’elle secoua doucement le bras de son compagnon pour l’éveiller.

— Hmm… ?

— Aurais-tu aperçu notre fils, par hasard ? Je ne le trouve nulle part.

— Il doit probablement s’amuser dehors, quel y a-t-il à cela ?

Absynthe déglutit difficilement, en tendant l’oreille. Aucun son ne lui parvint. Ni cri d’amusement, ni rire d’enfant.

— Je ne l’entends pas. (Son cœur se mit à battre la chamade.) Je l’aurais entendue en rentrant.

Mânes se tourna brusquement vers elle, les yeux grands ouverts. Ils échangèrent tous deux un long, très long regard au cours duquel l’homme fronça gravement les sourcils.

— Je t’avais prévenue. Tu n’écoutes jamais ce qu’on te dit.

— C’est… Je veux dire… (Elle avait du mal à trouver ses mots.) Ça ne peut pas être lui, hein ? Thor s’est sûrement aventuré dans la forêt et…

— Aide-moi, lui répondit la voix abrupte du mâle qui s’était redressé et basculait ses jambes hors du lit, dans l’intention évidente de se lever.

Absynthe cligna des yeux, sans comprendre, puis esquissa un geste pour le rallonger : il était encore en pleine convalescence. Mais il la repoussa sèchement.

— Tu ne devrais pas… Ta blessure va se rouvrir, je te l’ai déjà d-

Aide-moi, femme ! Que j’arrange les pots que tu as cassés.

Bon gré mal gré, la louve passa un bras de son compagnon par-dessus ses frêles épaules et le soutint tandis qu’il se dressait debout, courbé en deux par les bandages, et complètement nu. Ses vêtements s’étaient en effet déchirés lors de sa transformation de la veille.

— Je pourrais peut-être aller te chercher des vêtements ?

Les doigts d’Absynthe tremblaient tandis qu’elle raffermissait sa prise sur la hanche de son compagnon, de sa main libre. Du sang macula bien vite la blessure de Mânes à la poitrine, lui arrachant une grimace de douleur : la blessure s’était rouverte.

— Je ne peux pas te laisser y aller…

Bon sang, Absynthe ! Il s’agit de mon fils ! clama-t-il haut et fort, tout désir de raillerie envolé par les derniers évènements.

La louve perçut une pointe de rancœur dans sa voix. Lui en voulait-il de ne pas l’avoir écouté plus tôt ? Probablement. Mais quelque chose dans les yeux du mâle lui indiquait qu’elle n’était pas la cause de ce ressentiment.

Et pour cause ! La raison en était que Mânes ne se souvenait que trop bien des êtres que ce très estimé chasseur lui avait pris. Sa mère, tout d’abord, puis une femme qui était devenue sa maîtresse, puis très vite une amie qui lui avait paru fort solitaire, en marge de la société. Tout ce à quoi Mânes s’était un tant soit peu accroché dans cette vie, Il le lui avait volé. Pas cette fois-ci, se jura-t-il intérieurement.

Ils descendirent les marches clopin-clopant et poussèrent la porte d’entrée. Absynthe s’empara d’un pardessus duquel elle enveloppa son compagnon que l’air extérieur gelait déjà tout entier. Mânes claqua des dents et trembla de froid mais continua à avancer d’un pas résolu, quoique claudicant. Il se dirigea vers l’établi, agrippa sa hache et tira d’un coup sec pour l’extirper de la bûche dans laquelle elle était enfoncée. En vain.

Absynthe le laissa batailler quelques minutes en se demandant à quoi rimait tout son manège. N’y avait-il pas plus urgent que de couper du bois ?

— Mais qu’est-ce que tu… commença-t-elle à lui demander, avant qu’il ne l’interrompe.

— Quinzième leçon : de la bonne manière de tuer un loup-garou.

— Hein ?

— Notamment s’il est enragé, hors de contrôle et qu’il s’en prend à vos enfants, poursuivit Mânes, la tête embrumée et l’esprit ailleurs.

Il se comportait comme si sa compagne n’existait plus, comme s’il s’était enfermé dans une bulle d’où personne ne pourrait l’extirper. Ou peut-être son esprit divaguait-il vers un raisonnement qui lui échappait et lui paraissait absurde ?

— Il y a trois façons efficaces de se débarrasser d’un loup-garou encombrant.

Il donna encore un coup sec à la hache, qui bougea d’à peine quelques millimètres. La sueur perlait au front du mâle qui s’échinait à la déloger. La tache rouge sur sa poitrine s’étendit davantage, nimbant entièrement le bandage d’un rouge carmin. Un frisson glacé parcourut la colonne vertébrale de la louve.

— Un : l’argent pur ou le nitrate d’argent tu utiliseras, énuméra-t-il tout en continuant de forcer sur la hache. Deux : par le feu, le loup-garou tu immoleras. (Encore un coup sec. La hache remua plus fortement sur son socle de bois.) Trois : sa tête tu trancheras.

La hache. Absynthe comprit soudain, posa sa main sur celle de son compagnon et lui apporta son aide. A eux deux, ils remportèrent leur combat : l’instrument rendit les armes et se dressa, fier et tranchant, dans la main de son propriétaire aux yeux étincelants.

Amor ? Partons lui apprendre les bonnes manières.

Mânes avait le regard fou d’un dément. La louve hocha gravement la tête de façon mal assurée. Elle ne savait trop quelle conduite adopter : le raisonner ou le suivre dans son délire ? Son cœur de mère la pressait de retrouver son enfant au plus vite. Un mauvais pressentiment la tenaillait néanmoins.

~

      Ensemble, ils retrouvèrent la trace du chasseur au point du crépuscule et la remontèrent en boitillant, Absynthe ployant sous le poids de son compagnon et Mânes emmagasinant toutes ses forces dans une marche hésitante et trébuchante. Il haletait comme un bœuf, la sueur dégoulinait de chaque pore de sa peau ; on aurait dit qu’un simple coup de vent l’aurait vaincu, le clouant à terre. Sa poitrine lui faisait un mal de chien – de loup ? – et il traînait péniblement derrière lui sa hache de bûcheron comme un prisonnier son boulet, supportant sans mot dire les multiples coups d’œil inquiets de sa compagne qui les soutenait, en s’interrogeant encore et encore sur la folie qu’ils étaient occupés à vivre.

Le ciel, entre chien et loup, nimbait les feuilles et les troncs des arbres d’une délicate couleur de miel, d’orange pressée et de rouge vermeil. Le couple improbable s’accorda une brève pause afin de reprendre leur souffle et retirer leurs vêtements car la transformation commençait. Leur fourrure de loup commençait à les recouvrir d’un fin duvet, plus prononcé à certains endroits et leur morphologie changeait à nouveau.

— Absynthe ? haleta Mânes, le souffle court.

On l’aurait cru sur son lit de mort tant il peinait à s’exprimer. Cette réflexion amena inévitablement des larmes au fin fond des yeux ambrés de la louve.

— O-Oui ? lui répondit-elle faiblement.

Il lui tendit leur arme de fortune, péniblement, un sourire fatigué sur les lèvres.

— Je ne vais pas pouvoir la manier aujourd’hui. (Une brève absence quand sa vue se voila.) Je me contenterai de faire diversion.

La louve glissa maladroitement ses doigts autour du manche de l’arme qui devait bien peser une tonne ! Heureusement, sous sa forme semi-lupine, sa force lui permettrait de la soulever sans effort.

— Je… Mânes ?

— Ne me déçois pas cette fois, d’accord, mon bébé ?

Une main rude se posa sur la joue d’Absynthe tandis que les doigts affinés et effilés par la transformation la lui caressaient. Un sourire tendre naquit sur les lèvres de cet être qu’elle avait jadis détesté, ô combien ! C’était si rare venant de lui.

Mânes s’appuya contre l’arbre pour se relever, plantant là une Absynthe abasourdie, et claudiqua jusqu’à une mort certaine. Pourtant, pas une fois il ne regarda en arrière, concentré sur son objectif. S’il devait mourir ce soir, autant emmener l’autre salopard avec lui dans la tombe !

~

      — C’est entre toi et moi je crois ! Laisse partir le gosse !

Le chasseur leva brusquement la tête vers son visiteur et sourit sournoisement. Mânes se tenait là, planté au milieu des arbres, le dos courbé par l’effort et une main appuyée contre le tronc droit et blanc d’un bouleau. Le vieil homme sût à la tenue même de sa cible qu’il avait déjà gagné la partie.

L’enfant gisait à ses pieds, inerte. Il y avait une odeur de sang qui flottait dans l’air. Le cœur du loup manqua un battement, et il manqua de s’effondrer de chagrin. Non !

— Tu arrives trop tard, on dirait ! siffla le chasseur triomphant de sa voix de vipère. J’en ai déjà fini avec le mioche.

Non !

— C’est dommage, j’aurais espéré qu’il me donne plus de fil à retordre que ça, puisque vous partagez la même engeance diabolique.

Mânes esquissa un pas en avant et le chasseur braqua immédiatement son fusil sur lui. Leurs regards se croisèrent, longuement. Et un sourire de satisfaction malsaine se dessina sur le visage du plus âgé : ce qu’il avait lu dans les yeux de son adversaire lui avait plus. De la douleur – non ! de la souffrance, de la haine, de la férocité et… une petite parcelle de peur, oui. Probablement la dernière étincelle de survie qui coulait encore dans ses veines.

— Tu es mort, bâtard.

Mânes leva la tête bien haut avec suffisance alors que le chasseur pressait son doigt sur la détente de l’arme à feu. Le temps parut alors se figer.

Le chasseur reçut un choc violent à l’arrière du crâne et plongea en avant pour s’effondrer sur le sol gelé. Le coup de feu partit et manqua sa cible d’un bon mètre, s’enfonçant dans la terre dure et verglacée. Absynthe abattit à nouveau sa hache, au moment même où le meurtrier de son fils roulait sur le côté pour l’éviter. Il esquissa un geste vers son arme mais la louve l’envoya bouler d’un coup de pied contre un rocher.

Enfin, l’obscurité reprit ses droits sur le monde et les enveloppa de son manteau bleu nuit. Les loups-garous achevèrent leur transformation brutalement, et le loup inexpérimenté se jeta sur la femelle, la désarmant du même coup, dans un magnifique roulé-boulé. Dans un concert de grognements et de rugissements, la louve se débattit, envoya son adversaire au tapis et lui arracha l’oreille droite dans un sursaut de rage.

Mânes entendit alors un soupir à peine audible dans le bruit fracassant du combat inégal qui se jouait devant ses yeux. Et c’est à ce moment précis qu’il se mit à croire aux miracles : Thor se redressa, tremblant, dans une mare de sang, les yeux comme aveugles. Le louveteau retomba sur le sol et y imprima une large marque écarlate.

Le chasseur repoussa la femelle avec peine, la gueule béante qui déversait des coulées de bave ininterrompue. Le mâle savait qu’il n’aurait pas l’avantage. Aussi, dans un éclair de lucidité, il se mit à chercher un moyen de prendre le dessus. La lame effilée et brillante sous le clair de lune du couteau en argent qui lui avait servi à éventrer le môme lui sourit de son éclat persistant, et il s’en saisit avant d’en poignarder la femelle dans le ventre.

Absynthe hurla, le corps et la tête dressés vers le ciel par la douleur. Mânes se mit à courir maladroitement, trébuchant et se relevant dans la neige, pour porter secours à sa compagne, avant même de s’en être fait la réflexion.

Le chasseur envoya la femelle valser d’un coup de griffe, puis tourna la tête de tout côté à la recherche de quelque chose. En se tordant presque le cou, il aperçut son fusil au loin et le môme – encore vivant celui-là !? – qui s’y traînait péniblement. Poussant un rugissement formidable, le loup-garou se leva d’un bond et courut à grands bonds récupérer son bien le plus précieux.

Mânes s’effondra à mi-parcours, la main tendue vers Absynthe. La douleur barrait ses traits et une plainte sortit de sa gueule. La louve gisait, inconsciente, le couteau profondément planté dans son abdomen, un filet de sang suintant de la plaie. Le regard du loup chocolat rencontra alors le manche de la hache abandonnée qu’il empoigna.

Les doigts du louveteau agrippèrent la crosse de l’arme juste au moment où le chasseur le rejoignait. Le petit se retourna en pointant l’arme sur son agresseur, et pressa la détente de toutes ses forces. La forêt retint son souffle.

Il y eut un clic et puis plus rien, à la grande surprise du jeune. Le vieux loup lui enfonça ses griffes dans la plaie béante et le porta à bout de bras en ricanant.

Son rire se figea sur ses lèvres lorsque sa tête se décrocha du reste de son corps et roula au sol. Privé de sa tête, le reste suivit le mouvement, entraînant le petit avec lui. Mânes se tenait derrière le mâle qu’il venait d’exécuter de sang-froid, peinant à reprendre son souffle, et s’effondra dans une inconscience bienvenue.

~

      Lorsqu’il ouvrit les yeux pour la deuxième fois de la journée, il était toujours au sol au milieu de la clairière. Il  y avait cependant un changement : Absynthe avait repris conscience et s’était traînée jusqu’à eux pour nouer un tissu bien serré autour du ventre du petit pour arrêter l’hémorragie. Elle avait procédé de la même manière pour elle-même.

Le ciel se couvrit de gros nuages tout aussi noirs que la nuit au-dessus d’eux.

Mânes récupéra assez de souffle pour se relever sommairement et s’adosser au rocher qui avait accueilli l’arme de chasse du chasseur.

— Il n’est pas… ?

— Non, répondit-elle d’un air absent. Il s’en est fallu de peu.

De très peu, aurait-elle voulu ajouter mais elle n’en fit rien. Elle prit son enfant dans ses bras et l’enlaça tendrement, et les larmes coulèrent à flots sans qu’elle ait pu les retenir cette fois-ci.

— Dis-moi que c’est fini. Dis-moi que l’Enfer est fini, le supplia-t-elle.

Elle hoqueta et serra son louveteau plus fort contre elle. Son compagnon jugea plus prudent de ne pas lui répondre. Lui-même ne connaissait pas la réponse à cette question. Aujourd’hui, le père de Mânes leur avait couru après, qui pouvait leur affirmer que demain ne verrait pas la venue d’un autre chasseur du même acabit ?

— Je ne sais pas, avoua-t-il finalement.

Les premiers flocons se décidèrent à tomber, tapissant à nouveau le sol de son manteau hivernal.

— … Neige… souffla une petite voix étouffée, dans les bras de sa maman.

Absynthe laissa échapper un hoquet entre deux sanglots, et desserra son étreinte. Mânes s’approcha d’elle et essuya les yeux emplis de larmes de sa bien-aimée.

— Nous sommes vivants, Absynthe. Grâce au ciel, nous sommes vivants.

— Je te déteste. Je te déteste tellement.

— Chuuut. (Il rapprocha son visage du sien.) Je sais.

Leurs museaux se rencontrèrent, puis se frottèrent l’un à l’autre en signe de réconfort et Mânes la prit finalement dans ses bras avec l’énergie du désespoir. Je te protégerai. Dieu m’en est témoin ! Je te protégerai. Des larmes brouillèrent aussi sa vue mais il les refoula. Il y en avait déjà eu bien assez de versées pour aujourd’hui.

Le mieux c’était encore de…

— Tu m’as quand même déçu, ce soir, lança-t-il à la cantonnade.

— Ah ? Comment ça ? lui répondit-elle, complètement déphasée.

— Tu n’as même pas été capable de manier une hache correctement, papa a beaucoup de peine pour toi, trésor !

Là, elle le frappa. Vraiment. De toutes ses forces. En plein ventre.

— Oh toi ! grogna-t-elle. Incorrigible !

Il se plia presque en deux, s’éloigna d’elle et fut secoué d’un rire nerveux qui la contamina aussi. Ils levèrent alors le museau vers le ciel noir et floconneux.

— J’ai toujours adoré la neige, murmura Absynthe dans un souffle rauque. Si belle, si pure, si innocente. Et en même temps, si fragile…

— Si froide, si glacée, si hostile, si peu accueillante, poursuivit Mânes, narquois, en lui adressant un coup d’œil en coin.

Le regard hostile qu’elle lui jeta confirma ses soupçons : elle l’aurait frappé une deuxième fois s’il n’avait pas pris la précaution de s’éloigner.

— Comme quelqu’un de ma connaissance bizarrement, poursuivit-il, faussement songeur. C’est étrange, je ne sais plus qui !

— C’est ça, moque-toi ! siffla-t-elle, agacée.

Ils continuèrent à observer la neige. Leurs mains – pattes ? – se touchèrent alors qu’ils changeaient légèrement de position, et la louve laissa tomber sa tête sur l’épaule de son compagnon.

— J’ai menti, murmura-t-elle dans un souffle.

— Nooon ? Vraiment ? En voilà une nouvelle étonnante dans ta bouche, lui répondit le mâle toujours aussi railleur.

Elle préféra l’ignorer pour se concentrer sur ce qu’elle avait à lui dire.

— Je ne te déteste pas. Plus maintenant. (Il tourna la tête vers elle, doucement.) Tu as beau me dénigrer, me rabaisser plus bas que terre, je sais qui tu es vraiment.

— Ce serait aimable de ta part de me mettre au courant alors.

— Tu as toujours été animé par des petites attentions qu’on jugerait anodines. Pour moi. Pour le petit. Pour notre confort.

Il simula un bâillement.

— Je commence à m’endormir. Réveille-moi quand tu auras fini de marmonner ton charabia inintelligible.

Absynthe retint de peu le rire qui s’apprêtait à franchir ces lèvres. Ce type n’était pas croyable ! Il détenait tous les vices ou presque : voleur, menteur, tricheur, profiteur, manipulateur, moqueur, sournois… Mais lorsqu’on prenait la peine de creuser profondément sous la surface.

Te amo, amor mee, termina-t-elle en fermant les paupières.

Ego quoque se retint de compléter Mânes. C’était inutile : sa louve s’était endormie. Un flocon atterrit sur sa truffe et le fit éternuer. Le mieux à faire pour l’instant était de se reposer un peu et, dès qu’ils se sentiraient en meilleure forme, de prendre le chemin de la maison.

Le fantôme est mort.

Mânes ferma les yeux, se laissa aller au sommeil lui aussi.

Le fantôme est mort.

      Quelques heures plus tard, ils reprirent péniblement le chemin de la maisonnette, en se soutenant mutuellement tous les trois pour s’éviter une mauvaise chute ou un faux mouvement.

Le fantôme est mort.

Un bon feu les ranima une fois rentrés et les plaies cicatrisées au tison ardent. Et le repas sommaire qui s’ensuivit leur fit oublier les évènements de cette nuit.

Le fantôme est mort, maman. Repose en paix.

Un loup hurla sous la tempête de neige qui avait gagné en puissance au cours de la nuit, dans le but de rassembler sa meute. Bien plus qu’un hurlement, on aurait dit un chant. Mélodieux, unique et esseulé dans la nuit noire piquetée d’un peu de blanc.

Puis, la bise hivernale emporta le cri de la bête avec elle tandis que la tempête s’intensifiait de plus belle.

Publié dans Oneshot | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Première carte de Pokémon chromatiques complétée

Depuis quelques jours, je me suis amusée à faire des cartes de dresseur, notamment pour tout ce qui est recherche de shinies (officiellement appelés « chromatiques »), après la vue d’une magnifique carte sur Pokébip. Après l’avoir créée et complétée, je vous en fais part :

SH Card - Carte 1 WordPress

 

La passion de la SHasse ou chasse aux Shinies m’est venue pour la toute première fois sur la version Pokémon X, alors que je n’avais même pas encore débloqué le charme chroma. Et c’est un petit Pérégrain noir qui me rendit visite alors que je soignais mes arbres à baies. Ensuite, en entraînant quelques bébés Pokémon aux alentours de la pension, je rencontrai par hasard un Sucroquin couleur chocolat qui me fit instantanément tomber amoureuse de ce Pokémon (sa version normale ne m’ayant fait ni chaud ni froid, vu que je ne suis pas très rose…). Et les hasards s’enchaînèrent : un Taupiqueur shiny sorti du tout premier oeuf et qui était destiné à un ami pour la complétion du Pokédex, puis un Azurill vert tout droit sorti des hautes herbes alors que j’entraînais une autre équipe de bébés Pokémons, un Ponchiot brun clair dans un Safari pour d’autres entraînements, un Bouldeneu vert et un Monorpale rouge obtenus aléatoirement à l’échange miracle (de même pour le Gardevoir un peu plus loin),…

Du coup, je me suis dit : « La chance me sourit sur cette version, moi qui n’ai jamais eu de shinies dans aucune autre version. Autant en profiter ! » Je cherchais un Pokémon à SHasser et tombai sur le sprite de Séviper Shiny. Il me le fallait. Ni une ni deux, j’allais chercher deux Séviper de nationalités différentes et de sexe opposé (merci, la GTS) et j’enchaînai les oeufs en Masuda. Le Séviper noir et rouge pointa le bout de sa langue fourchue au bout du… vingt-quatrième oeuf ! A ma grande stupéfaction. Continuant sur ma lancée, j’essayai d’obtenir cette fois-ci un Ponyta bleu via Masuda. Et les essais s’enchaînèrent…

Quatre cent cinquante oeufs plus tard, je commençai à penser que ma chance m’avait abandonnée, même si je continuai à m’acharner. Remarquant qu’un concours de SHasse avait lieu sur Pokétools, je décidai de tester une autre méthode de SHasse : la Pêche (que je baptise « PêSHe » aussi :D). Il me fallut du temps et quelques chaînes brisées avant de prendre le coup de main et c’est au bout d’une chaîne non brisée de 24 Pokémon et de 44 rencontres de Flingouste qu’une merveilleuse petite écrevisse rouge et blanche mordit à l’hameçon ! C’était le Shiny que je convoitais le plus sur cette version, tellement je trouvais que les couleurs lui allaient aussi bien que les couleurs originales.

Ma chance étant revenue, je décidai de l’éprouver dans un Safari de type Feu, également pour le concours Pokétools. Je trouvai un Caninos doré au bout de 45 rencontres (dont 16 Caninos, il fut le seizième à se montrer), puis un Limagma cendré au bout de 80 rencontres (dont 21 Limagma à peine). J’étais aux anges !

Par rapport à Flingouste et à Caninos, j’ai réalisé une vidéo de capture pour chacun qu’on peut retrouver par ici :

Voici une autre version de la carte, plus détaillée :

SH Card - Carte 1 avec localisations WordPress

Mes efforts ayant été encourageants en ce week-end du 8 au 9 août 2015, je vais continuer sur cette lancée. Je vous retrouve dans un nouvel article dès que ma deuxième carte sera complète 😀

A vous les studios !

PS : Désolée pour la qualité des images mais elles sont censées être transparentes, sans bords noirs sur les côtés, mais comme WordPress gère mal la transparence, j’ai dû bricoler comme j’ai pu –‘

 

Image | Publié le par | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Une lubie loufoque

Recommençant à jouer aux Sims 3 après la sortie des Sims 4, j’ai eu une lubie un peu spéciale après le plantage d’une de mes parties : « Hey ! Et si je recréais mes personnages dofusiens dans les sims pour voir ce que ça donne ? » Voilà comment l’idée est venue. Je vais donc vous présenter les quelques personnages que j’ai déjà créés avec leur comparaison dofusienne. Je précise que j’ai fait avec les moyens du bord (coiffures/vêtements ressemblants plus ou moins) dans la plupart des cas, donc désolée si parfois ça n’a pas l’air trop fidèle :p

1/ Kephren

Kephren

Kephren, l’Eniripsa sur Dofus

Screenshot-44

Kephren en Sims

 

 

2/ Luuzilva

Luuzilva

Luuzilva, l’Ecaflip sur Dofus

Screenshot-37 découpée

Luuzilva en Sims.

NB : Les chiens sont également de très gros clins d’oeil à l’univers de Dofus puisque nous avons une femelle Rottweiler, affectueusement prénommée Jiva (protectrice du mois de Javian), et un mâle Pitbull Terrier, affectueusement prénommé Djaul (protecteur du mois de Descendre, fervent rival de Jiva et serviteur du démon Rushu). Ils ont eu deux chiots ensemble que j’ai prénommés Hécate (protectrice du mois de Joullier) et Silvosse (protecteur du mois de Flovor). C’était pour la petite note humoristique 😀

NB2 : Je me rends compte après coup que j’ai totalement inversé les couleurs du short de Luuzilva et de son top. Mais bon, les couleurs inversées, ça donne bien aussi finalement. Pour ma défense, j’avais ça de mémoire, sans base photographique x)

3/ Nausicaa (de la vallée du vent)

Nausicaa

Nausicaa, Sram sur Dofus

Screenshot-78

Nausicaa en Sims

Screenshot-80

Tenue de Nausicaa

4/ Mirella

Mirella

Mirella, Roublarde explosive sur Dofus

Screenshot-82

Mirella en Sims

Screenshot-84 découpé

Tenue de Mirella

NB : Aussi bien Mirella que Nausicaa sont des vampires dans le jeu. Pour Nausicaa, je ne voyais pas ce qui correspondrait mieux au Sram (assassin par nature et flirtant souvent avec la mort) que ce statut. Pour Mirella, j’hésitais entre la sorcellerie (les bombes, tout ça) et le vampirisme. Finalement, comme Sram et Roublard sont copains comme cochons et souvent affiliés, j’ai décidé de la vampiriser aussi pour faire la paire.

5/ Vanilumi

Vanilumi

Vanilumi, l’Osamodas sur Dofus

Screenshot-87

Vanilumi en Sims

Screenshot-89

Tenue de Vanilumi

Screenshot-92

Le Chat de la sorcière Vaninette

NB : J’ai décidé de mettre Vaninette sorcière car c’est ce que je trouvais le plus approprié avec l’histoire de possession d’animaux, de sorts de soin et de liens forts avec les animaux. Concept très Osamodas donc. Et le chat est un clien d’oeil, comme les chiens. Pour le collier avec le coeur bleu, c’est pour rappeler l’attrait amoureux qu’il exerce sur sa disciple

6/ Mejan

Mejan

Mejan, Féca sur Dofus

Screenshot-88

Mejan en Sims

Screenshot-90

Tenue de Mejan

J’espère que cette lubie vous aura fait rire ou, à défaut, au moins fait sourire car je me suis bien éclatée à les créer (et aussi à les jouer dans le cas de Kephy et Luu’ ^^).

A vous les studios !

Publié dans Délires et divers, Dofus, Ma vie de gameuse | Laisser un commentaire